Les droits des femmes sont évoqués dans la plupart des programmes des partis européens traditionnels, à l’exception de celui de l’Alliance des conservateurs et réformistes européens (ACRE) qui ne fait aucune proposition sectorielle. Globalement, cette thématique est abordée très différemment par les partis de droite et ceux de gauche.
La droite : le sur-place ou le retour en arrière
À droite, d’abord. Il n’existe pas de manifeste des partis d’extrême droite, mais les positions de Vox en Espagne ou de La Lega en Italie appellent globalement à revenir sur des dispositions légales spécifiquement favorables aux femmes.
Du côté du Parti populaire européen (PPE), on n’en est pas là. Mais les valeurs chrétiennes sont fortement poussées en avant tout au long du manifeste. Sur la question spécifique des droits des femmes, le parti suggère de s’en remettre aux États membres « aux plus proches des citoyens ».
Il se contente de soutenir un meilleur équilibre entre la vie privée et la vie professionnelle, un dossier sur lequel l’Europe vient de se positionner en introduisant un congé de paternité minimum de 10 jours à l’échelon européen et de nouvelles modalités pour le congé parental (EUROPE 12179/2). « Nous pensons qu’en donnant plus de choix aux parents et aux aidants sur la manière dont ils équilibrent leur travail et leurs responsabilités de soins, nous pouvons atteindre plus d’équité pour les hommes et les femmes et un meilleur bien-être pour les familles », indique le PPE dans son manifeste.
La gauche et le centre, plus progressistes
Les autres partis traditionnels, à savoir l’Alliance des libéraux et des démocrates pour l’Europe (ALDE), le Parti vert européen (PVE), le Parti socialiste européen (PSE) et le Parti de la gauche européenne (PGE) vont plus loin. Ils abordent les droits à la santé sexuelle et reproductive, les droits des lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres, transsexuels, queers et intersexes (LGBTQI), les violences liées au genre ainsi que la fin des plafonds de verre.
Le PES et l’ALDE mettent en avant la nécessité de fournir à toutes les femmes des services de santé sexuelle et reproductive qui soient accessibles, abordables, de bonne qualité. Mais ils ne nomment pas explicitement l’accès à l’avortement, ce que font le PVE et le PGE. Les Verts appellent à inscrire le droit à l’avortement dans la Charte des droits fondamentaux de l’UE et l’extrême gauche plaide pour la dépénalisation de l’avortement.
Aucune référence aux quotas
Globalement, tous les partis du centre ou de gauche appellent à mettre fin aux plafonds de verre et à la fin des inégalités salariales fondées sur le genre. Toutefois, aucun ne se positionne sur l’introduction de quotas législatifs, alors qu’une proposition est pourtant discutée depuis six ans à l’échelon européen sans parvenir à remporter le soutien du Conseil (EUROPE 12184/13).
Concernant la lutte contre la violence à l’égard des femmes, les Verts et l’ALDE sont les seuls à faire une nette référence à la Convention d’Istanbul, toujours en attente de ratification par l’UE et de sept États membres (EUROPE 12228/4).
Et pour ce qui concerne la communauté LGBTQI, le PES, l’ALDE, le PVE et le PGE en parlent, le PGE allant jusqu’à demander l’introduction du droit à la reconnaissance légale de genre, au mariage civil et à l’adoption d’enfant pour les couples LGBTQI (I pour intersexe). (Sophie Petitjean)