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Bulletin Quotidien Europe N° 12250
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ACTION EXTÉRIEURE / Iran

L’UE analyse la décision iranienne de ne plus se conformer à certaines obligations de l’accord nucléaire

Alors que les réactions arrivent de toute part concernant l’annonce iranienne de se soustraire de certaines obligations au titre du plan d’action conjoint (JCPOA), l’Union européenne est restée silencieuse, mercredi 8 mai. 

Un an, jour pour jour, après l’annonce du retrait américain de l’accord, le président iranien, Hassan Rohani, et le Conseil suprême de sécurité nationale (SNSC) ont annoncé que leur pays mettait fin, « à compter de ce 8 mai 2019 », à certaines mesures prises en vertu de l’accord sur le nucléaire afin de « protéger la sécurité et les intérêts nationaux du peuple iranien »

Ainsi, dès à présent, l’Iran ne s’engage plus à respecter les limites concernant la conservation des réserves d'uranium enrichi et d'eau lourde. L'accord limite à 300 kg les réserves d'uranium et à 130 tonnes la réserve d'eau lourde. 

Et Téhéran adresse un ultimatum de 60 jours aux juridictions parties à l’accord – UE, Allemagne, France, Royaume-Uni, Chine et Russie – pour qu’elles remplissent leurs obligations, « notamment dans les secteurs bancaire et pétrolier ». 

« S'ils ne satisfont pas aux exigences de l'Iran dans les délais impartis, la République islamique d'Iran suspendra le respect des limites d'enrichissement de l'uranium et les mesures visant à moderniser le réacteur à eau lourde d'Arak », ont ainsi prévenu le SNSC et M. Rohani. 

Dans le cadre de l'accord, l'Iran s'était engagé à ne pas enrichir d'uranium à plus de 3,67 %. 

À l’inverse, dès que les demandes seront satisfaites, l’Iran reprendra les engagements suspendus. « Sinon, la République islamique d'Iran suspendra progressivement l'exécution d'autres obligations », ont ajouté les Iraniens, qui se disent prêts à discuter avec les membres du groupe 'E3+2'. 

« La fenêtre qui est maintenant ouverte à la diplomatie ne restera pas ouverte pendant longtemps, et les États-Unis et les autres membres seront entièrement responsables de l'échec du JCPOA et de toutes les conséquences possibles », ont-ils menacé. 

Appels nombreux au respect de l'accord

À l’heure où nous bouclions, la Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, qui a constamment appelé l’Iran à maintenir ses engagements, ne s’était pas exprimée. 

« Nous sommes dans une phase d’analyse », s’est contenté d’expliquer un haut fonctionnaire européen interrogé sur la décision iranienne. Le sujet pourrait être abordé, lundi 13 mai, lors du Conseil 'Affaires étrangères'. 

Les membres de l’E3+2 se sont eux montrés plus sévères. Ainsi, la ministre française des Armées, Florence Parly, a estimé qu’en dérogeant à certains de ses engagements, l'Iran « s'exposerait à de nouvelles sanctions », alors que le ministre des Affaires étrangères britannique, Jeremy Hunt, a évoqué des « conséquences ». 

« Notre message est, et reste, clair : nos partenaires respectent et nous respectons l'accord nucléaire. Et nous le faisons sans compromis. C'est pourquoi nous attendons de l'Iran qu'il mette en œuvre l'accord dans son intégralité et sans compromis », a prévenu le chef de la diplomatie allemande, Heiko Maas. 

La Chine a également demandé une mise en œuvre intégrale de l'accord sur le nucléaire iranien. 

Pour le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, qui a rencontré son homologue iranien, Mohammad Javad Zarif, « les États-Unis sont à blâmer pour la situation ». Et d'ajouter : « Cela rend difficile pour l'Iran de remplir ses obligations » et cela nuit à l'état général du régime de non-prolifération nucléaire. 

Interrogé par EUROPE, l’ambassadeur américain auprès de l’UE, Gordon Sondland, a estimé que « la défaillance potentielle prévue de l'Iran par rapport au JCPOA était largement attendue ». « Je ne pense pas que ce soit une nouvelle », a-t-il ajouté. Selon lui, les Iraniens avaient déjà violé l’esprit de l’accord depuis sa signature, car l’esprit était d'inciter l’Iran à rejoindre une communauté de Nations, et d’agir comme un 'pays normal', ce qu’il n’a pas fait. (Camille-Cerise Gessant)

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