Le président du Parti populaire européen (PPE), Joseph Daul, a évoqué, mercredi 8 mai, une possible « exclusion » du parti Fidesz du Premier ministre hongrois, Viktor Orbán, de la famille chrétienne-démocrate.
« Si M. Orbán continue de se comporter comme il l'a fait ces derniers jours, ce sera l'exclusion ou il quittera [le PPE] de lui-même. C'est à lui de voir », a déclaré M. Daul à l'issue d'une rencontre avec le président du PNL roumain, Ludovic Orban.
S'affichant avec des dirigeants d'extrême droite comme le leader de la Lega, Matteo Salvini, le Premier ministre hongrois prône une collaboration entre les chrétiens-démocrates et la droite dure après les élections européennes pour faire barrage aux libéraux et à la gauche européenne. Il juge ces derniers favorables à l'immigration sans limite et opposés la défense des racines chrétiennes de l'Europe (EUROPE 12246/26).
M. Orbán a également retiré son soutien au Spitzenkandidat du PPE, l'Allemand Manfred Weber, qu'il avait pourtant soutenu lors des primaires internes au parti européen au Congrès d'Helsinki à l'automne 2018 (EUROPE 12248/3).
Sur les nominations aux hautes fonctions européennes à venir, M. Daul transmettra le message suivant aux leaders du PPE : « Il faut qu’en juillet nous soyons fixés sur les 'top jobs'. Pas question de laisser les populistes faire le bordel. Et pour nous, c’est la présidence de la Commission qui est la priorité, pour Manfred Weber. »
Quant à la situation politique en Roumanie, le président du PPE a estimé que le gouvernement social-démocrate n'était pas pro-européen et que ses attaques contre l'indépendance du système judiciaire du pays étaient « inacceptables ».
Scrutées de près par l'échelon européen, les récentes réformes du gouvernement roumain, telles que la réduction des délais de prescription pour les affaires de corruption ou l'amnistie de certains officiels condamnés pour de tels faits, seront soumises à référendum en même temps que les élections européennes en Roumanie (EUROPE 12243/11). (Mathieu Bion)