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Bulletin Quotidien Europe N° 12250
Élections européennes - PE2019 / Migration

Prioritaire pour le PPE, la protection des frontières passe après la politique d'accueil des migrants pour d'autres familles politiques

Après une législature marquée par la crise migratoire de 2015 et l’arrivée cette année-là de plus d’un million de personnes dans l’UE, quelles visions de la migration défendent les partis européens à l’approche des élections européennes ?

Ils doivent d’abord composer avec l’échec des États membres sur la réforme du système d’asile européen, proposée mi-2016 par la Commission avec l’objectif de renforcer la solidarité entre les Vingt-huit en matière d’accueil des demandeurs d’asile et qui n’a pu être finalisée sur aucun de ses volets. Les États membres se concentrent depuis sur les dispositifs alternatifs de débarquement de migrants qui prévoient aussi une forme allégée de solidarité (via la relocalisation) entre pays volontaires. 

La question de l’immigration n’arrive pas partout dans l’UE en tête des préoccupations des électeurs, étant devancée parfois par la question du pouvoir d’achat et du chômage. Mais dans des pays comme la Hongrie et même l’Allemagne ou la Suède, elle reste centrale. 

Et le thème est prioritaire pour le Parti populaire européen (PPE) et son candidat Manfred Weber. Pour le PPE, c’est un enjeu de sécurité pour l’UE et la réponse passe d’abord par la défense des frontières extérieures. Ainsi, le manifeste du parti insiste-t-il sur la concrétisation des effectifs de 10 000 agents à conférer à l’Agence européenne de garde-côtes et garde-frontières. Une échéance actuellement fixée à 2027 que le candidat allemand Manfred Weber aimerait, lui, faire revenir à 2022. 

Cette politique passe aussi par des accords migratoires avec les pays d’Afrique du Nord. Le PPE veut continuer de bâtir sur l’accord avec la Turquie de 2016 et veut un grand plan Marshall pour l’Afrique, à base d’investissements privés et d’encouragements à la croissance. 

Plan pour l’Afrique pour empêcher les départs

Sur ce dernier point, le PPE se rapproche du projet du Parti socialiste européen (PSE) défendu par le Néerlandais Frans Timmermans. L’actuel premier vice-président de la Commission l’a martelé à plusieurs reprises lors des récents débats de Spitzenkandidaten. Il veut aussi un grand plan d’action pour l’Afrique qui permette de donner un avenir aux jeunes sur le continent africain et casse le besoin de partir vers l’UE. 

Le manifeste du PSE stipule que l’UE « a besoin d’une politique commune de l’asile et des migrations, qui repose sur une solidarité et une responsabilité partagées entre les États membres et sur la coopération avec les pays d’origine et de transit ». 

Si les socialistes partagent l’idée du PPE de défendre plus efficacement les frontières de l’UE, ils sont d’avis que l’Union doit ouvrir plus de canaux légaux de migration pour les personnes fuyant la guerre. Elle a aussi intérêt à mettre en place un système de migration légale ‘économique’ qui « pourrait aider à consolider notre économie, créer de nouveaux emplois et préserver notre système de protection sociale ». 

Le PSE rejoint donc ici des idées véhiculées par les Verts/ALE, la GUE/NGL, mais aussi les libéraux de l’ALDE dont l’un des représentants, Guy Verhofstadt, a encore dit le 2 mai à Florence qu’il convenait de développer la fameuse « carte bleue » européenne, permis de travail européen qui permet à des ressortissants étrangers qualifiés de venir travailler dans l’UE puis de repartir. 

Pour ceux qui ont vraiment besoin de l'asile, il faut, selon l'ALDE, un système européen commun qui apporte une réponse « digne et humaine » et repose, comme le dit le PSE, sur de vraies capacités d’accueil, le partage des responsabilités et des procédures efficaces. 

Si l’ex-Frontex doit se rendre plus efficace et opérer une vraie surveillance des frontières, l'UE doit continuer à investir de l’argent dans les pays de départ. Il faut aussi conditionner le versement de cet argent aux pays dits sûrs à leurs efforts en matière de réadmission et de retour des ressortissants en situation irrégulière, estime le parti libéral. La politique migratoire de l’UE, humanitaire et économique, doit aussi s’accompagner d’une vraie politique d’intégration ; une idée défendue également par les Verts. 

Mission de sauvetage en mer

Les Verts veulent en outre le rétablissement d'une mission européenne de sauvetage en mer. Aider les migrants ne devrait par ailleurs jamais être criminalisé dans l’UE, prévient le parti. Le règlement de Dublin, qui laisse la responsabilité première de l’asile au pays de première entrée, doit être remplacé lui par des règles alternatives de migration et de mobilité, de travail par exemple, qui assureraient un plus juste équilibre, ajoutent les Verts. 

Ne pas forcer la solidarité

Le candidat des conservateurs de l’ACRE, Jan Zahradil, affirme lui que la politique obligatoire de relocalisation organisée en 2015 n’a pas eu l’effet escompté et que la solidarité ne repose que sur la volonté politique. Il faut donc pouvoir s’appuyer en la matière sur la diversité des États membres et les différentes réponses qu’ils peuvent apporter, en respectant leur souveraineté en la matière. 

Le candidat pense qu'au lieu de bâtir un corps de 10 000 garde-côtes et garde-frontières, l’UE devrait donner les moyens à chaque État de consolider ses propres capacités nationales. (Solenn Paulic)

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