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Bulletin Quotidien Europe N° 12249
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ACTION EXTÉRIEURE / États-unis

Washington n'a aucune « ligne rouge » dans les futures négociations commerciales, d'après l'ambassadeur Sondland

S'exprimant mardi 7 mai sur l'avenir des relations économiques transatlantiques au European Business Summit, Gordon Sondland, ambassadeur américain auprès de l’UE, a déclaré que les États-Unis étaient prêts à aborder « tous les sujets » lors des prochains pourparlers commerciaux. L'UE devra, quant à elle, accepter d'y inclure l'agriculture « sous l'une ou l'autre forme » avant la fin des négociations. 

« Les relations entre l’UE et les États-Unis sont solides, plus solides que jamais », a déclaré d’emblée l’ambassadeur étatsunien, soulignant également un travail diplomatique dynamique auprès des États membres chaque fois que la Commission se montrait « difficile ».

« Sécurité économique »

Revenant sur la question de la menace de sanctions tarifaires sur les importations de voitures européennes au titre de la section 232 du Trade Expansion Act (EUROPE 12195/1), l’ambassadeur étatsunien a défendu la nécessité d’assurer la « sécurité économique » de son pays. D’après lui, il ne s’agit pas tant d’atteindre le rééquilibrage de la balance commerciale des États-Unis face à l’UE que de garantir des conditions « équitables » aux producteurs américains. 

Il a d’ailleurs critiqué une décision récente d’un groupe spécial de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) dans un différend opposant la Russie à l'Ukraine (DS512). Cette décision confirme qu'un groupe spécial de l'OMC peut déterminer si une exception à la sécurité invoquée par un membre de l'OMC est justifiée et avertit que ces exceptions ne peuvent être invoquées pour contourner des obligations dans le cadre de l'OMC. 

Pour M. Sondland, il en va de la souveraineté d’un pays de juger, seul, de ce qui affecte sa sécurité nationale

L’ambassadeur a d’ailleurs rappelé les réticences de Washington face à cette ‘jurisprudence’ de l’OMC, justifiant ainsi le blocage de la nomination des juges de l’organe d’appel de l’OMC (EUROPE 12146/16). L’institution multilatérale doit pourtant être réformée, a admis M. Sondland, mais dans le sens d’un « retour vers les raisons pour lesquelles l'OMC a été négociée en premier lieu », sa « charte originale », a-t-il clarifié. 

« De l’agriculture » dans les négociations

Quant aux négociations commerciales bilatérales à venir (EUROPE 12236/12, 12175/1), elles doivent « contenter » les deux parties, a souligné M. Sondland. 

Cependant, d’après lui, l’UE « traîne des pieds », car, « dans son intérêt égoïste, elle n'a aucun intérêt à négocier un accord commercial », à cause de son surplus commercial, de ses droits douaniers et de barrières non tarifaires, lesquelles « continuent à venir de la Commission ». Et si les États-Unis sont excédentaires sur la balance des services transatlantique, c’est seulement parce que l’UE « n’est pas dans ce secteur ».

Quant à la question de l’inclusion de l’agriculture dans ces discussions, radicalement écartée du côté de l'UE, M. Sondland a admis qu’elle ne conditionnera pas le lancement des négociations, mais que les négociateurs européens « finiront par accepter… l’une ou l’autre forme d’agriculture… avant qu’un accord ne soit signé ». 

Aucune ligne rouge

L’ambassadeur Sondland a par ailleurs ajouté que Washington n’avait « aucune ligne rouge » et était prêt à mettre tous les sujets sur la table. 

Cecilia Malmström, la commissaire européenne au Commerce, avait indiqué début janvier que, quant à eux, les États-Unis ne souhaitaient pas discuter du Jones Act (excluant l'industrie européenne de la vente de navires destinés au commerce côtier américain), des marchés publics via le ‘Buy American Act’ ou des indications géographiques (EUROPE 12169/19). 

Pour autant, M. Sondland a reconnu que le lancement de ces pourparlers n’est pas une priorité du USTR, le bureau du Représentant au commerce des États-Unis, davantage absorbé par les relations étatsuniennes avec la Chine ou la validation du USMCA, son accord de libre-échange avec le Canada et le Mexique. 

Plus tôt dans la journée, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, s’est également voulu rassurant, soulignant des échanges « quotidiens » avec Washington. « Je pense que nous pouvons faire confiance au président des États-Unis pour ce qui est des relations commerciales entre les États-Unis et l'UE », a-t-il répondu à la presse. (Hermine Donceel)

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