Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a fait part, mardi 7 mai, de ses attentes en amont de la réunion informelle des chefs d’État ou de gouvernement de Sibiu (Roumanie) consacrée à l’avenir de l’Union.
« À quelques semaines des élections européennes nous devons transmettre un message que j’espère être d’unité et que je veux être d’espoir », a déclaré M. Juncker en ouverture de sa conférence de presse à Bruxelles. Rappelant que la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne (Brexit) n’avait pas encore eu lieu (EUROPE 12233/1), il a ajouté que le « besoin de parler de notre avenir » était « plus présent que jamais ». Cette intervention avait lieu quelques jours après la publication d’une contribution de la part de l’institution pour préparer ce sommet de Sibiu (EUROPE 12245/7).
Dans un contexte où les élections européennes pourraient voir le taux d’abstention atteindre un niveau élevé et les forces eurosceptiques ou europhobes obtenir un nombre de sièges conséquent au Parlement européen, M. Juncker a considéré qu’il y avait « urgence » de montrer aux citoyens que l’Union européenne travaillait pour eux, « sans interférer dans les moindres détails de la vie quotidienne ».
Le président de la Commission s'est également félicité du bilan de la Commission et de l’UE au cours de ce mandat, affirmant qu’il avait tenu sa promesse d’agir avec force pour les grands enjeux et de ne pas trop agir sur des enjeux plus secondaires ('big on big and small on small'). Il a estimé en outre que « l’Union d’aujourd’hui (était) plus forte que l’Union d’hier », en particulier en raison du retour de la croissance après la crise économique et financière.
Évoquant dix priorités qu’il avait placées en tête de l’agenda européen en 2014 (migrations, marché intérieur, Union économique et monétaire…), M. Juncker a assuré que « tout a été fait ».
Pour ce qui est de l’avenir de l’Union, l’actuel président de la Commission souhaite renforcer la dimension sociale de l'UE, en faire une puissance plus forte sur la scène mondiale ou mettre fin à l’unanimité au Conseil de l’UE dans certains domaines. Pour lui, un « avenir meilleur » ne passe que par « l’unité européenne ».
Interrogé sur l’une de ses devises phares sur la ‘Commission de la dernière chance’, il a estimé que l’institution avait obtenu des résultats là où elle devait en produire, sur le front de l’emploi, de la croissance ou encore des finances publiques.
Par ailleurs, en vue des élections européennes, M. Juncker a réaffirmé sa volonté de « lutter contre les populistes, les extrémistes ». Enfin, il a insisté sur le fait que la Commission ne devrait pas être prise comme « bouc émissaire », pour expliquer le vote des citoyens, et affirmé que l’Europe n’était pas responsable de tout. Pour lui, les politiques nationales expliquent en partie le vote des Européens à travers le continent.
Lien vers les documents de la Commission sur ses cinq années d'action : https://bit.ly/2WsqZ9D. (Lucas Tripoteau)