Google est paré pour les élections européennes. C'est le message qu'a voulu faire passer, mardi 7 mai, le géant de l'Internet lors d'une conférence organisée à Bruxelles en partenariat avec Debating Europe, où il a présenté un arsenal d'outils pour informer les citoyens européens, soutenir les campagnes politiques et protéger les élections de toute interférence.
Informer les citoyens. Google s’est en effet donné pour mission de « connecter les électeurs avec les informations électorales pertinentes ».
« Nous avons remarqué un fort intérêt de nos utilisateurs pour voter, mais des difficultés pour trouver les informations de base », a expliqué Malte Will, chargé de l’information civique chez Google.
L’entreprise a donc lancé le site ‘howtovote.eu’, un outil de recherche qui réunit toutes les informations nécessaires aux électeurs et mises à jour en temps réel. En fonction de la nationalité de l’utilisateur et de son lieu de résidence, l’outil recense les conditions requises pour pouvoir voter dans ce pays, les documents à fournir ou encore les autorités à contacter.
Soutenir les campagnes. Si Google souhaite aider les citoyens à naviguer parmi les milliers de candidats qui se présentent aux élections européennes, l’entreprise veut aussi permettre aux candidats et aux partis politiques eux-mêmes de partager avec eux leurs positions et priorités.
Comme première étape, une boîte d’information sera mise en place sur la page de recherche Google associée aux candidats ou aux partis, a indiqué Carolin Jahn, de l’unité d’information civique.
Une fois l’identité du candidat soigneusement vérifiée par Google, celui-ci pourra indiquer trois priorités qui apparaîtront sur la page de recherche associée à son nom. Il pourra aussi publier des déclarations qui devront porter uniquement sur sa campagne politique et ses positions. Google se réserve le droit de refuser les déclarations qui enfreindraient ses règles, par exemple, qui appelleraient aux dons.
Protéger des manipulations. L’entreprise a indiqué poursuivre sa lutte contre la désinformation en ligne et le retrait des discours haineux en ligne, mais a surtout insisté sur ses nouvelles politiques en matière de publicité en ligne introduites d'abord aux États-Unis en mai 2018, puis en Inde en janvier 2019 et dans l’UE en mars 2019.
Chaque annonceur souhaitant diffuser une publicité politique doit dorénavant être vérifié et autorisé par Google. Les publicités sont maintenant accompagnées de la mention ‘payé par’, qui dévoile le nom de l’annonceur.
« L’UE a été le plus grand défi », a estimé Emma Swift, spécialiste des politiques ‘confiance et sécurité’, en raison des différences de langues, de normes ou encore de périodes de campagnes.
Google vient aussi de lancer son ‘rapport de transparence’ qui regroupe sur une seule plateforme toutes les informations sur les publicités qui présentent un parti politique, un élu déjà en place ou un candidat au Parlement européen.
Depuis le 20 mars 2019, 11 746 nouvelles publicités politiques ont été diffusées sur Google pour un montant total de 706 550 €. La plateforme donne aussi un aperçu des dépenses publicitaires par pays, fournit une liste des principaux annonceurs politiques, recense toutes les publicités par candidat et montre les critères de ciblage utilisés.
L'entreprise reste par ailleurs vigilante face aux cybermenaces, surtout en période électorale. Les deux plus grandes sont l'hameçonnage (‘phishing’) et l’attaque par ‘déni de service’ (DDoS), qui vise à rendre indisponible un service, a souligné Milan Zubíček de l'unité 'désinformation'.
Pour s'en protéger, l'entreprise invite ses utilisateurs à sécuriser leur compte Google avec le système de vérification en deux étapes. Elle a aussi lancé un ‘Programme de protection avancée’ destiné aux utilisateurs les plus exposés, comme les partis politiques, les ONG ou les journalistes d’investigation. (Marion Fontana)