Les ministres de l’Environnement des États constituant le G7 s’engagent à redoubler d’efforts pour préserver la biodiversité et l’intégralité des écosystèmes à l’occasion de la signature de la Charte sur la biodiversité, lundi 6 mai, à l’issue d’une réunion de deux jours à Metz.
En substance, la Charte, dite de « Metz », reconnaît le « rôle vital » que joue la biodiversité pour la pérennité de systèmes de maintien de la vie et souligne l’importance de l’ensemble des écosystèmes (terrestres, pédologiques, marins et d’eau douce) en tant que « capital naturel ». Et d'en énumérer les apports à l'espèce humaine : la biodiversité fournit à l’homme « des aliments, des matières premières, des médicaments, des abris, des sols fertiles et de l’eau, [de même qu'elle] atténue ou prévient des catastrophes naturelles ». La Charte ajoute que la biodiversité est par ailleurs source d’emplois, de loisirs et de nombreux « services écosystémiques ». Elle reconnaît en outre le rôle des peuples autochtones et des communautés locales, des femmes et des jeunes en faveur du maintien de la biodiversité.
Pour ce qui est des actions concrètes en ce sens, le texte reste vague. Les signataires s’engagent à accélérer et intensifier les efforts pour mettre « fin à la perte de biodiversité, valoriser, conserver, restaurer et utiliser judicieusement la biodiversité ». La Charte vise à atteindre des « co-bénéfices » par rapport à d’autres défis mondiaux, citant en premier lieu le changement climatique, conformément à l’Agenda 2030 pour le développement durable. Les signataires comptent aussi encourager l’engagement d’autres acteurs, citant à nouveau les peuples autochtones et les communautés locales.
La Charte prévoit l’élaboration et la mise en œuvre d’un cadre mondial post-2020 pour la biodiversité, en lien avec les objectifs onusiens de Vision 2050 pour la biodiversité, en s’appuyant sur le plan stratégique pour la diversité biologique 2011-2020.
Cette charte a été adoptée par tous les pays du G7 (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Royaume-Uni, Italie et Japon) en présence du commissaire à l’Environnement, Karmenu Vella, et d’une série d’États invités (Chili, Égypte, îles Fidji, Gabon, Inde, Indonésie, Mexique, Niger, Norvège).
Le temps presse. Le même jour, la plateforme des experts pour la biodiversité et les écosystèmes (IPBES) sous l’égide de l’ONU a rendu public un rapport pour le moins alarmant, dont le chiffre clé annonce l’extinction potentielle de 1 million d’espèces depuis 1970.
Pour consulter la Charte (en français) : https://bit.ly/2ZWDb4s. (Pascal Hansens)