Les perspectives pour l'acier en 2019-2020 publiées ce mardi 7 mai par Eurofer, l’association européenne des producteurs d'acier, sont minées par l'impact des sanctions étatsuniennes sur l'acier et l'incertitude induite par le Brexit.
Malgré un marché en progrès en 2018 (+3,3 %), l’association s’attarde surtout sur les effets négatifs de l’augmentation des importations d’acier résultant des sanctions tarifaires imposées par Washington.
Indiquant des prévisions en « légère » baisse par rapport à 2019, l’association pointe des mesures de sauvegarde européennes a priori insuffisantes pour parer au détournement des exportations d’acier vers le marché européen que les sanctions américaines engendrent (EUROPE 12229/25, 12185/4). D’après Eurofer, les producteurs de l’UE sont « coincés entre la pression à la hausse des importations et un marché intérieur déprimé ».
Et Eurofer de souligner que la libéralisation progressive de ces mesures, soit le relèvement annuel du niveau du contingent de 5 % dès le 1er juillet 2019, est « en décalage » par rapport à la situation des producteurs européens et un marché mondial toujours en surcapacité de 550 millions de tonnes, d’après des chiffres de l'OCDE.
« Les importations ont augmenté de 12,6 % et les livraisons nationales de seulement 1,7 % », a ainsi souligné Axel Eggert, directeur général d’Eurofer.
Le degré d’incertitude autour du Brexit et de l’évolution de la relation transatlantique « a clairement le potentiel de conduire à un choc de confiance négatif et au report des décisions d'investissement », souligne finalement le document. Lien vers le rapport d'Eurofer : https://bit.ly/2H13mhO. (Hermine Donceel)