La dernière fois, ils ont essayé de tuer dans l'œuf le processus des Spitzenkandidaten, mais « ils ne réussiront pas », a déclaré le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, mardi 7 mai, en présentant à la presse ses attentes en vue du sommet de Sibiu sur l'avenir de l'Union européenne à Vingt-sept (EUROPE 12249/1).
En 2014, après la victoire de la famille chrétienne-démocrate aux élections européennes, M. Juncker, qui avait été désigné avant le scrutin candidat tête de liste du parti européen PPE, avait accédé à la présidence de la Commission. Les leaders européens issus du PPE et d'autres partis politiques pro-européens avaient finalement accepté de céder à la pression du Parlement européen en validant ce processus alors inédit.
Les eurodéputés sont convaincus que le processus permet d'animer la campagne électorale européenne en informant les citoyens sur l'identité du futur président de la Commission européenne en amont des élections européennes.
Le Conseil européen doit certes s'inspirer du résultat des élections européennes pour proposer au Parlement le nom d'une personnalité pour la présidence de la future Commission, mais il refuse toute automaticité dans le processus des Spitzenkandidaten (EUROPE 11968/2).
Parmi les familles politiques pro-européennes, les libéraux avaient désigné un candidat tête de liste en 2014 en la personne du Belge Guy Verhofstadt. Cependant, sous l'impulsion d'Emmanuel Macron qui n'en est pas officiellement membre, ils sont désormais d'avis que ce processus est inutile dès lors qu'il n'existe pas de listes transnationales de candidats aux élections européennes. (Mathieu Bion)