Les ministres des Finances de la zone euro ont ouvert la voie au déboursement d’une tranche d’aide de près d’un milliard d’euros à la Grèce, à l’issue de la réunion de l’Eurogroupe qui s’est tenue à Bucarest vendredi 5 avril.
« Je pense que la décision prise aujourd’hui par l’Eurogroupe envoie le signal nouveau et très fort aux investisseurs et aux marchés que ce pays […] va dans la bonne direction pour réformer et moderniser son économie d’une part, et que ses partenaires européens continuent à soutenir et sont aux côtés de la Grèce », s’est félicité Pierre Moscovici, le commissaire européen chargé des Affaires économiques et financières.
Cette tranche d’aide correspond aux profits réalisés par la Banque centrale européenne (BCE) et les banques centrales nationales au titre des opérations ‘SMP’ et ‘ANFA’ de rachat de dette publique grecque pendant la crise des dettes souveraines, ainsi qu’à l’abolition de marges de taux d’intérêt attachées à des tranches de rachat de dette.
Actée lors de l’accord en juin concernant la sortie d’Athènes du troisième et dernier plan de sauvetage dont elle faisait l’objet (EUROPE 12046/1), cette aide était en partie conditionnée à la mise en œuvre de réformes en Grèce.
Et si la réunion de l’Eurogroupe de mars n’avait pu acter son décaissement (EUROPE 12211/14), la publication par la Commission du second rapport mis à jour au titre du cadre de surveillance renforcée concernant la Grèce, mercredi 3 avril, a permis de constater que des mesures avaient dernièrement été prises par Athènes, notamment eu égard au nouveau système de résidence principale (EUROPE 12228/18).
« L’Eurogroupe accueille avec satisfaction l’évaluation des institutions européennes selon laquelle la Grèce a pris les actions nécessaires pour respecter les engagements de réformes pour la fin 2018 et selon laquelle les conditions nécessaires sont là pour confirmer le déboursement » de cette tranche d’aide, indique la déclaration publiée à l’issue de la réunion.
Le groupe de travail de l’Eurogroupe au Conseil (Eurogroup Working Group) et le Conseil d’administration du Fonds européen de stabilité financière (FESF) doivent donc acter ce décaissement très prochainement. (Lucas Tripoteau et Marion Fontana)