En moins de temps qu'il ne faut pour le dire, le Parlement européen a clôturé, jeudi 28 mars à Strasbourg, sa première lecture sur la refonte de la directive de 1998 relative à l'eau destinée à la consommation humaine, pour adapter les paramètres de qualité aux normes de l’OMS et favoriser l’accès de tous à une eau du robinet salubre, en réponse à l’initiative citoyenne européenne 'Right2water'.
À main levée, les eurodéputés ont confirmé leur vote du mois d’octobre qui prévoit notamment moins de plomb (une réduction de moitié) et d'autres substances toxiques pour la santé, comme les perturbateurs endocriniens et les substances perfluoroalkylées ainsi qu'un encouragement à fournir de l'eau gratuite ou à un coût modique dans les lieux publics et les restaurants (EUROPE 12123/3).
Ce faisant, le Parlement a arrêté sa position officielle, à défaut d'avoir pu engager des négociations avec le Conseil de l'UE qui s'est prononcé trop tardivement (EUROPE 12207/2).
« Avec un calendrier clair, le Parlement européen s’est montré à la hauteur des attentes des citoyens européens, prêt à négocier le texte dès le mois de novembre pour aboutir à un accord interinstitutionnel avant la fin de la mandature. Malgré tous les efforts de la Présidence roumaine pour rattraper le retard engrangé au Conseil, avec la présentation d’une approche générale lors du Conseil des ministres du 5 mars 2019 [...] le Parlement n’a plus la marge de manœuvre suffisante pour ouvrir des négociations interinstitutionnelles, avant les élections européennes », a déclaré le rapporteur, Michel Dantin (PPE français) à la veille du vote.
Il reviendra à la future Présidence finlandaise du Conseil de négocier avec le Parlement issu des urnes sur cette législation qui pourrait accroître la confiance dans la qualité de l'eau du robinet et aider les ménages à économiser de l'argent et à réduire le gaspillage de plastique. (Aminata Niang)