Dunja Mijatović, commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe a regretté, mercredi 27 mars, que les modalités de prolongation de l’opération EUNAVFORMed Sophia en Méditerranée se traduisent par « une diminution des moyens navals en Méditerranée ».
Selon elle, la priorité des États membres devrait être de « garantir un système suffisamment doté en ressources et pleinement opérationnel afin de sauver des vies humaines en mer et de préserver la dignité des migrants secourus ». Et, dans ce système, les États côtiers jouant un rôle de premier plan doivent être soutenus par les autres États grâce à la « mise à disposition de moyens navals spécifiquement dédiés aux activités de recherche et de sauvetage ».
Dunja Mijatović a réitéré également son appel à tous les États membres « pour qu’ils s’abstiennent d’entraver et de criminaliser le travail des ONG qui tentent de combler les lacunes grandissantes en matière de capacité de secours ».
La commissaire a déploré aussi la décision des experts des États membres de ne poursuivre que la surveillance aérienne et la formation des gardes-côtes libyens. Ce faisant, les États membres ne font que contribuer « directement ou indirectement » au retour des migrants et des demandeurs d’asile en Libye où il est prouvé qu’ils risquent de subir de graves violations des droits de l’homme, a-t-elle souligné.
Enfin, selon Mme Mijatović, les États membres doivent « démontrer, de toute urgence, que le soutien apporté aux gardes-côtes libyens ne contribue pas aux violations des droits de l’homme et suspendre ce soutien s’ils ne peuvent pas le faire ». (Véronique Leblanc)