Le Parlement n’a pas ménagé ses critiques, mardi 12 février à Strasbourg, à l’égard des États membres de l’Union européenne dont la plupart ne mettent pas en œuvre la directive européenne de 2009 sur l’utilisation durable des pesticides (2009/128/CE) qui vise à protéger la santé publique et l’environnement.
Dans une résolution adoptée à main levée sur la base d’un rapport d’initiative de Jytte Guteland (S&D, suédoise), les députés ont souscrit au rapport très négatif de la Commission européenne (EUROPE 12179, 11880).
Les députés pointent du doigt l'utilisation intensive des pesticides qui continue de s'accroître et représente un défi pour l'environnement et la santé des agriculteurs comme du public.
Ils notent que, si des progrès ont été accomplis dans la formation des agriculteurs pour mieux pulvériser, très peu a été fait pour promouvoir la recherche et le développement (R&D) et permettre un essor des méthodes alternatives comme les pesticides à faibles risques et non chimiques. Le PE déplore aussi que les plans nationaux ne spécifient pas d'objectifs ni les moyens de les atteindre et que les solutions de lutte intégrée contre les insectes nuisibles pour les cultures, pierre angulaire de la directive, ne soient pas assez utilisées.
« Il faut progresser en matière de lutte intégrée. Les citoyens sont de plus en plus préoccupés. Nous avons besoin d’incitants pour aider les agriculteurs à réduire l'utilisation et se reconvertir dans l'utilisation des produits non chimiques. Il faut travailler sans relâche à un environnement non toxique. Nous avons la boîte à outils, veillons à ce que les États membres l’utilisent », a résumé Miriam Dalli (S&D, maltaise), qui représentait Jytte Guteland lors du débat.
Sofia Ribeiro (PPE, portugaise), déplorant « le ton général du rapport qui attribue la faute aux agriculteurs » et rappelant que « nous devons protéger nos plantes, nos productions », a plaidé pour l'utilisation accrue de pesticides à faibles risques.
Le commissaire à la Santé et la Sûreté alimentaire, Vytenis Andriukaitis, a assuré aux députés que la Commission demandera aux États membres de modifier leurs plans nationaux pour remédier aux lacunes et a annoncé « un deuxième rapport dans le courant de l’année sur les plans révisés ». Rappelant que les experts des États membres ont voté pour des indicateurs harmonisés de risques des pesticides (EUROPE 12181), il a invité les eurodéputés, comme le Conseil, à les approuver. (Aminata Niang)