Les cinq États membres de l’UE, membres du Conseil de sécurité des Nations Unies (France, Allemagne, Pologne, Belgique et Royaume-Uni) et les trois anciens membres du Conseil de sécurité (Italie, Pays-Bas et Suède), ont exhorté mardi 12 février, à l’occasion des cinq ans du conflit en Ukraine, à la pleine mise en œuvre des accords de Minsk.
« Nous demeurons convaincus qu'un règlement pacifique du conflit est possible et appelons toutes les parties à mettre en œuvre rapidement et intégralement les accords de Minsk et à honorer pleinement leurs engagements afin de parvenir à une solution politique durable du conflit », soulignent-ils dans une déclaration commune publiée à l'issue d'une discussion à l'ONU. Selon eux, le rôle de l’OSCE, que ce soit au sein du groupe de contact trilatéral ou de la Mission spéciale d'observation est « crucial » à cet égard. Ils condamnent donc les menaces et les restrictions qui continuent de peser sur la Mission spéciale, appelant à un accès sûr, sécurisé, inconditionnel et sans entrave dans toute l'Ukraine.
Les Européens appellent également la Russie à « cesser immédiatement d'alimenter le conflit en apportant un soutien financier et militaire » aux séparatistes, se disant « profondément préoccupés par les informations faisant état de la présence de matériel et de personnel militaires russes » dans des zones hors contrôle du gouvernement ukrainien.
Les 8 États font aussi part de leurs inquiétudes concernant la situation humanitaire. 3,5 millions de personnes dépendent d’une assistance humanitaire. « Toutes les parties au conflit doivent rétablir le plein accès de toutes les organisations humanitaires internationales aux zones sous contrôle non gouvernemental et permettre la fourniture rapide et sans heurt de l'aide humanitaire conformément aux principes humanitaires et au droit international humanitaire », exhortent les Européens. 12 800 personnes, dont 3 300 civils, sont mortes dans le Donbass depuis avril 2014, dont 30 en janvier 2019. L’Ukraine est devenue le troisième terrain le plus miné au monde, après l’Irak et l’Afghanistan.
Conscients des pressions exercées par le conflit sur « la jeune démocratie ukrainienne et son économie », les Européens demandent au gouvernement de poursuivre ses réformes, ajoutant qu’ils continueraient de le soutenir.
La situation en Ukraine fera l'objet d'un débat, lundi 18 février, au Conseil 'Affaires étrangères' de l'UE. (Camille-Cerise Gessant)