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Bulletin Quotidien Europe N° 12186
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ACTION EXTÉRIEURE / Ligue arabe

Ministres européens et arabes d’accord sur 95 % des sujets, mais pas assez pour une déclaration commune

La Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, le ministre soudanais des Affaires étrangères, Mohammed Ahmed Al-Dirdeiry, en tant que président du Conseil ministériel de la Ligue arabe, et le secrétaire général de la Ligue arabe, Ahmed Aboul Gheit, ont souligné, lundi 4 février à Bruxelles, la coopération entre l’UE et la Ligue arabe. 

« Nous sommes d’accord sur le fait qu’il y a un socle commun sur 90-95 % des sujets », a résumé Mme Mogherini à l'issue de la réunion, devant les médias. Elle a ainsi cité les positions communes sur plusieurs crises régionales : la nécessité d’une solution politique en Syrie, d’une solution à deux États au Proche-Orient, avec Jérusalem comme capitale de ces deux États, ou encore les efforts communs entrepris pour une solution en Libye et au Yémen. 

Au-delà des crises, « il y a une opportunité de renforcer nos relations sur l’économie, le commerce, les investissements, les possibilités pour les jeunes, l’éducation. Nous y travaillons déjà, mais nous pouvons les renforcer », a expliqué la Haute Représentante. 

« Il y a un haut degré de consensus sur toute une série de questions, pas uniquement politiques », a ajouté le secrétaire général de la Ligue arabe, citant la question du financement de l’UNRWA, l'Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine. 

De son côté, le ministre belge, Didier Reynders, a estimé que la réunion avait été « un bon redémarrage d’une collaboration plus forte entre l’UE et la Ligue arabe ». 

Toutefois, malgré tous ces points communs, les divisions entre les organisations, mais aussi au sein même des organisations, ont empêché l’adoption d’une déclaration commune UE-Ligue arabe, initialement prévue. Côté européen, le point d’achoppement a été la migration. Si plusieurs États membres souhaitaient une référence au processus onusien, la Hongrie s’y est opposée, selon une source européenne. 

« Il y a eu plus de complication du côté de l’UE que de la Ligue arabe », a estimé M. Aboul Gheit, contredit par Mme Mogherini, qui a précisé qu’elle aurait plutôt dit le contraire. 

Celle-ci a cependant voulu rassurer. « Il y a une large convergence de vues […] Même si ce n’est pas sur du papier, je crois qu’il y a un patrimoine commun que nous avons pris ensemble avec nous, pas seulement pour la préparation du sommet, mais sur le travail commun à faire ensemble », a-t-elle estimé. 

Seuls 10 ministres des Affaires étrangères des États membres ont participé à la réunion, contre 15 pour la Ligue arabe, selon M. Aboul Gheit. 

Par ailleurs, alors que, pour les Européens, le moment n’est pas venu de normaliser les relations avec la Syrie, le secrétaire général de la Ligue arabe a précisé que le retour de la Syrie au sein de l’organisation dépendait de l’ensemble des États membres et que certains avaient encore des réserves. « Une fois la décision prise par les ministres des Affaires étrangères, nous inviterons l’État syrien à occuper son siège », a-t-il précisé. (Camille-Cerise Gessant)

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