Après un débat ajouté à l'ordre du jour de la mini-session plénière du Parlement européen, les eurodéputés adopteront, jeudi 31 janvier, une neuvième résolution sur la crise politique, économique et humanitaire au Venezuela.
« Le Parlement européen ne peut pas rester silencieux » alors que la situation sur le terrain a atteint « un point de non-retour », a estimé son président, Antonio Tajani, qui avait déjà demandé au président Maduro, dont le second mandat n'a pas été reconnu par l'Union européenne, de partir (EUROPE 12179). S'exprimant en espagnol, il a évoqué l'exode des Vénézuéliens, qui équivaut à la plus grave crise migratoire jamais observée en Amérique latine.
Un projet de résolution soumis par le groupe PPE invite l'UE et ses États membres à reconnaître M. Guaidó en tant que « seul président par intérim légitime [du Venezuela] jusqu'à l'annonce de nouvelles élections ».
Au sein du groupe S&D, le ton est presque similaire, mais pose la condition de l'annonce rapide de la tenue d'élections. Un projet social-démocrate de résolution appelle à la tenue d'élections « libres et crédibles » au Venezuela et « affirme que, en l'absence d'une convocation dans ce sens, une demande sera adressée à l'UE et aux États membres afin de reconnaître Juan Guaidó en tant que président par intérim du pays jusqu'à l'annonce de la tenue de nouvelles élections ».
En fin de semaine dernière, à l'initiative de Dita Charanzová (ADLE, tchèque), une trentaine d'eurodéputés des groupes PPE, ADLE, CRE, parmi lesquels Guy Verhofstadt (ADLE, belge), avaient appelé le Service européen d'action extérieure à reconnaître la légitimité de M. Guaidó (EUROPE 12180).
Jeudi, les ministres européens des Affaires étrangères s'interrogeront aussi sur la question de la légitimité de M. Guaidó et évoqueront la mise sur pied d'un groupe de contact international visant à faciliter le dialogue entre le régime Maduro et l'opposition politique (EUROPE 12182). (Mathieu Bion)