Au lendemain de la proclamation des résultats définitifs de l’élection présidentielle du 30 décembre en République démocratique du Congo, l’embarras régnait, lundi 21 janvier à Bruxelles à l’issue de la réunion des ministres européens des Affaires étrangères. Ces derniers ont rapidement évoqué la situation en République démocratique du Congo (RDC), se promettant d'en débattre plus avant avec les partenaires de l'Union africaine, le soir même.
La validation de la victoire de Félix Tshisekedi comme président de la République par la Cour constitutionnelle congolaise, dans la nuit de samedi à dimanche, après le rejet du recours de son opposant, Martin Fayulu, a pris de court l’UE, l’appel à suspendre la proclamation des résultats définitifs lancé par l’UA n’ayant pas été entendu, ce qui a conduit l’UA à annuler l’envoi d’une délégation initialement attendue lundi à Kinshasa (EUROPE 12175) et à « prendre note » des résultats définitifs.
Coordination avec l'UA. S’exprimant à l’issue de la réunion, où la situation en RDC a été évoquée parmi les questions d’actualité, la Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité n’a pas d’elle-même mentionné le sujet. En réponse à la presse, elle a indiqué que l’UE souhaitait consulter l’Union africaine avant d’arrêter sa position.
« Nous avons eu une brève discussion. Nous sommes convenus de coordonner nos positions pour une position commune de l'UE. Nous allons profiter de la réunion avec l'UA au dîner ce soir pour partager nos analyses. Nous souhaitons avoir une position de l'UE la plus coordonnée possible avec l'UA », a dit Mme Mogherini (EUROPE 12174).
Invitée à réagir au fait qu'un nombre croissant de pays africains ont félicité Félix Tshisekedi, notamment l'Afrique du Sud, le Kenya, la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC) et au « report » annoncé de la mission de l'UA, Mme Mogherini a répondu : « Nous prendrons le temps qu'il faut avant d'exprimer la position de l'UE. Nous avons déjà exprimé nos préoccupations. Inutile de les répéter. »
Dès son arrivée, lundi matin, le ministre belge, Didier Reynders, avait tenu le même langage, en marge de la réunion du Conseil 'Affaires étrangères'. « On essaie de travailler ensemble avec l’Union africaine. L’UE et l’UA doivent tenter d’échanger le plus possible, d’être sur la même ligne. On a regretté le manque de transparence de tout le processus, le retard dans l’organisation des élections ; maintenant, il faut voir comme la population congolaise, la région considèrent la situation », avait-il dit.
Et d'ajouter : « J’espère que l’évolution restera pacifique, qu’il n’y aura pas trop de violences. On en a connu un certain nombre ces dernières semaines, j’espère qu’on aura la possibilité d'éviter un phénomène de tensions trop fortes. On va continuer de travailler ensemble avec l’UA. Nous aurons des contacts dès ce soir. Il faut qu’on puisse avoir la même attitude. »
Depuis la proclamation des résultats définitifs, le calme semblait régner, lundi, en RDC et les Congolais semblaient être restés sourds aux appels à manifester lancés par Martin Fayulu, qui s'estime être le seul président légitime. (Aminata Niang)