La Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, et plusieurs ministres des Affaires étrangères ont espéré, lundi 21 janvier, que le tout premier sommet entre l’UE et la Ligue des États arabes, prévu les 24 et 25 février prochains à Charm el-Cheikh en Égypte, permettrait de renforcer la coopération entre les deux rives de la Méditerranée.
La Ligue arabe est « le partenaire le plus proche [de l'UE] en termes de dimension régionale, en termes de géographie, d’histoire, de culture », a-t-elle expliqué à l’issue du Conseil 'Affaires étrangères' au cours duquel les ministres ont rapidement préparé la réunion ministérielle UE/Ligue arabe du 4 février et le sommet. Selon une source européenne, il s’agit de la seule région du monde avec laquelle l’Union n'organisait pas de sommet.
« La coopération existe déjà, les positions communes existent déjà et davantage de coopération, une coopération renforcée, peut être un résultat du sommet. Des questions politiques sur lesquels nous devons travailler ensemble – depuis la Libye jusqu’à la Syrie – aux questions thématiques qui nécessitent une coopération », a précisé la Haute Représentante, espérant que le sommet donnerait une bonne base pour renforcer cette coopération. Mme Mogherini a également cité les questions de lutte contre le terrorisme, de migration ou encore d’opportunité pour les jeunes, en particulier en Afrique du Nord. Le commerce, les investissements devraient aussi être abordés.
À leur arrivée au Conseil, les ministres belge et luxembourgeois se sont aussi exprimés en faveur d’un renforcement des relations. « On doit structurer la relation pour apporter une réponse la plus commune possible sur des sujets communs », a ainsi estimé le ministre belge, Didier Reynders. Faisant un parallèle avec la coopération entre l’UE et l’Union africaine, il a ajouté que l’Union allait essayer de faire la même chose avec d’autres partenaires. Pour le ministre luxembourgeois, Jean Asselborn, il faut « un peu apprendre de l’autre, avec beaucoup de respect, de partenariat ». « Il faut voir ce que l’un peut faire pour l’autre », a-t-il précisé.
Par ailleurs, si le sujet n’a pas été discuté lors de la réunion, plusieurs ministres se sont exprimés sur le retour de la Syrie à la Ligue arabe, estimant que la décision appartenait aux pays membres de l’organisation. « Le retour de la Syrie dépend de la Ligue arabe. Nous sommes prêts à dialoguer avec tous les pays dans le monde arabe », a précisé le ministre roumain, Teodor Meleșcanu. Pour le Slovaque Miroslav Lajčák, « c’est aux pays arabes de décider, nous ne sommes pas ici pour juger ou commenter ».
Autre source de préoccupation des Européens, la présidence du sommet côté Ligue arabe (EUROPE 12175). Si l’Arabie saoudite préside actuellement la Ligue arabe, l’Égypte, qui accueille le sommet, devrait coprésider celui-ci, avec le président du Conseil européen, Donald Tusk. La mort du journaliste Jamal Khashoggi a terni les relations entre Européens et Saoudiens (EUROPE 12160). (Camille-Cerise Gessant)