La Commission européenne a souligné, lundi 21 janvier, que ramener des migrants secourus en mer en Libye ne faisait pas « partie de nos politiques », mais que cela pouvait se faire en vertu du droit international et du lieu du sauvetage.
Le 20 janvier, un navire battant pavillon de la Sierra Leone a en effet secouru une centaine de personnes au large de la Libye et les a ramenées en Libye.
L’ONG allemande Sea-Watch a annoncé pour sa part, le 19 janvier, avoir secouru 47 personnes. Toutefois, la Commission, bien que suivant « de près » les opérations, n’a pas été sollicitée pour les coordonner.
Deux nouveaux naufrages auraient eu par ailleurs lieu en Méditerranée, faisant jusqu’à 170 victimes, selon l’Organisation internationale des migrations (OIM) qui a interrogé des rescapés. Un premier naufrage en fin de semaine au large de la Libye aurait fait 117 victimes ; un second serait survenu entre l'Espagne et le Maroc, tuant 53 personnes.
Selon la Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, « ce qui s'est passé confirme l'importance d'une présence de l'Union européenne en mer via l'opération Sophia ». « Ces dernières années, nous avons sauvé des vies, lutté contre les trafiquants et formé des gardes-côtes libyens, pas seulement pour faire du sauvetage en mer, mais aussi pour lutter contre le trafic en mer et sur terre. Et ce, dans le respect des droits de l'homme, chose qui n'est pas facile. » « On travaille avec les États membres à la prolongation de l'opération Sophia dans les prochains mois », a-t-elle ajouté dans le cadre de la réunion des ministres des Affaires étrangères (voir autre nouvelle).
Plusieurs pays méditerranéens évoquent les enjeux migratoires à Malte
Une réunion ministérielle dite 5+5 (France, Italie, Malte, Portugal, Espagne et Maroc, Libye, Tunisie, Mauritanie et Algérie) s’est tenue à Malte les 17 et 18 janvier pour aborder les enjeux euro-méditerranéens (EUROPE 12175).
Dans une déclaration écrite, les ministres des Affaires étrangères de ces pays ont notamment plaidé pour renforcer la lutte contre les passeurs et reconnu le besoin d’améliorer les dispositifs et mécanismes de coopération pour sauver des vies en mer. Ils appellent aussi, en allusion aux ONG, à respecter le droit international et les règles de sauvetage et à ne pas faire obstruction aux opérations de secours menées par les autorités nationales compétentes.
Voir la déclaration de La Valette : http://bit.ly/2AXKePt. (Solenn Paulic)