Le Premier ministre kosovar, Ramush Haradinaj, a dénoncé la politique de l’UE à l’égard de son pays, dans son discours prononcé lundi 17 décembre lors du Conseil d’association et de stabilisation UE-Kosovo (EUROPE 12161).
Ainsi, il a estimé qu’« en dépit d'une négligence constante et d'un manque de clarté quant à [la] perspective européenne » de son pays, ce dernier était « fermement déterminé à faire de l'adhésion à l'UE [sa] priorité absolue ».
De même, alors que le Kosovo a rempli les 95 critères établis pour obtenir une libéralisation des visas, « le retour que nous recevons de l'UE est discontinu et sans espoir ». « En réponse à l'engagement total en faveur du programme de réformes européen et aux réformes vigoureuses entreprises pour renforcer l'État de droit et ses institutions, nous sommes trahis et déçus par l'UE », a-t-il ajouté. « Notre population est mise à l'épreuve au-delà de ce qui est raisonnable ou juste. Le temps n'est pas notre ami. Nous avons besoin de voir des progrès », a prévenu M. Haradinaj.
Le Premier ministre est aussi revenu sur le dialogue avec la Serbie. Selon lui, « les progrès [...] ont été minimes. En fait, ils ont complètement déraillé, en particulier avec le débat public sur l'idée désastreuse de la correction des frontières et de l'échange de territoires ; ils ont gravement compromis la crédibilité du facilitateur et sapé les progrès que nous avons accomplis dans le dialogue facilité de l'UE depuis plus de sept ans ». Il a prévenu que « quiconque [parlait] de frontières, de territoires ou de tout autre ajustement de [son] pays [était son] ennemi ».
« La participation des États-Unis à la direction du dialogue est essentielle, tandis que l'UE facilite et fournit l'effet de levier nécessaire pour combler l'écart potentiel entre deux pays », a-t-il ajouté. (Camille-Cerise Gessant)