Le Premier ministre serbe, Ana Brnabić, a appelé, mardi 18 décembre, à la stabilité régionale, alors que le Kosovo a introduit, en novembre des taxes contre les produits serbes et bosniens et annoncé la création d’une armée.
« La Serbie n’a pas introduit de contre-mesures. Nous allons rester raisonnables et continuer à appeler à la stabilité régionale », a-t-elle souligné lors d’une conférence de presse, à l’issue du 5e Conseil de stabilisation et d’association UE-Serbie. Elle a appelé Pristina à faire marche arrière, qualifiant ces mesures de « contraires aux valeurs européennes ». « Sans une région stable, aucun pays de la région ne peut être stable », a-t-elle ajouté.
Le Premier ministre a estimé que les taxes kosovares allaient faire perdre 65,6 millions d’euros à son pays d’ici la fin de l’année et, si celles-ci étaient maintenues, plus d’un demi-milliard d’euros par an.
Elle a également estimé que l’établissement d’une armée au Kosovo était « la plus grande menace ('single biggest threat') à la stabilité et la paix régionales ».
Poursuivant dans ses critiques, Mme Brnabić a rappelé que Pristina n’avait toujours pas mis en place la Communauté des municipalités serbes, prévue par l’accord de 2013.
Lors du Conseil, l'UE et la Serbie sont également revenues sur le processus d'adhésion du pays. La Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, a estimé que Belgrade pourrait avancer encore plus rapidement dans sa voie européenne notamment en mettant en œuvre les réformes adoptées. Dans son communiqué, le Conseil de stabilisation et d’association a encouragé la Serbie à obtenir des résultats en termes d’État de droit et de gouvernance démocratique, y compris dans le système judiciaire et le jugement des crimes de guerre, la liberté d'expression et la lutte contre la corruption et la criminalité organisée, et sur les élections.
Mme Mogherini a souhaité, une nouvelle fois, que Belgrade s’aligne progressivement sur la Politique étrangère et de sécurité de l’UE.
Mme Brnabić a reconnu que son pays pouvait être encore plus efficace dans la mise en œuvre des réformes, tout en citant les avancées déjà obtenues, en termes économiques, sur la réforme de l’administration publique et avec la priorité donnée à l’État de droit. (Camille-Cerise Gessant)