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Bulletin Quotidien Europe N° 12151
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ACTION EXTÉRIEURE / G20

Les leaders entérinent la nécessité de réformer l'OMC

Fruit d’intenses tractations, la déclaration des leaders du G20 réunis en sommet à Buenos Aires les 30 novembre et 1er décembre permet d’entériner la nécessité de réformer l’Organisation mondiale du commerce (OMC). 

Dans la déclaration, il en va du volet commercial comme du reste : l'Union européenne a mis en œuvre ce qu'elle sait le mieux faire, c'est-à-dire faciliter l'identification du plus petit dénominateur commun entre des acteurs parfois antagonistes. Le compromis final, à défaut d'être ambitieux, identifie des points de rencontre concrets entre les positions des vingt principales économies mondiales. 

La référence au protectionnisme, pourtant incluse dans de précédentes déclarations, n’aura par contre pas retrouvé son chemin dans le texte, les États-Unis s’y opposant formellement. 

Les leaders se contentent donc de prendre « note des enjeux commerciaux actuels », en se gardant d'en faire le menu (EUROPE 12150). Mais les États-Unis ont, par contre, lâché du lest sur la référence à un « ordre international basé sur des règles ». Reconnaissant la « contribution du système international » à la croissance et au développement, les Vingt « soutiennent la nécessaire réforme de l’OMC afin d’en améliorer le fonctionnement » et s’engagent à faire le point sur cette réforme lors du prochain sommet, fin juin à Osaka, au Japon. 

Lors d’une rencontre bilatérale très attendue, samedi 1er décembre, les présidents chinois et américain sont par ailleurs parvenus à une trêve afin d’enrayer l’escalade de sanctions commerciales entre les deux pays. Le président Xi Jinping s’est engagé à augmenter les achats chinois de produits américains, afin de rééquilibrer quelque peu le large déficit enregistré par la balance commerciale américaine vis-à-vis de la Chine. 

Dans le domaine financier, le G20 appelle à une mise en œuvre « complète et en temps voulu » de la réforme du système financier. Notamment, il s'engage à réglementer les cryptomonnaies à des fins de lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme. 

Partisan d'un système fiscal international « équitable, durable et moderne », il promet de continuer les travaux visant à une solution « consensuelle » pour traiter de l'impact de la numérisation sur le système fiscal international. Sur ce point, un point d'étape sera fait en 2019 avant un rapport final attendu pour 2020. 

Climat. Comme à Hambourg en juin 2017 (EUROPE 11826), dix-neuf leaders réaffirment leur volonté d'« appliquer totalement » l'Accord de Paris sur le climat, le qualifiant d'« irréversible ». 

Les États-Unis réitèrent leur décision de se retirer de l'Accord de Paris et se limitent à évoquer le recours à toutes les sources d'énergie disponibles « tout en protégeant l'environnement ». 

 Sur le défi migratoire, les vingt plus grandes puissances mondiales estiment que les déplacements massifs de réfugiés constituent « une préoccupation mondiale ayant des conséquences économiques, sociales, politiques et humanitaires ». Elles soulignent l'importance d'actions partagées visant à affronter les causes profondes de ces mouvements de personnes. 

Aucune référence explicite n'est faite au Pacte mondial pour la migration qui doit être entériné à Marrakech en décembre. Outre les États-Unis et l'Australie, plusieurs pays européens refusent de signer un texte non contraignant réaffirmant certains principes et destiné à favoriser une coopération internationale dans ce domaine, basée sur un menu de bonnes pratiques (EUROPE 12149). 

En 2019, le sommet du G20 aura lieu à Osaka, au Japon, et, en 2020, en Arabie saoudite. 

Voir la déclaration du sommet de Buenos Aires (en espagnol) : http://bit.ly/2QCwpim.  (Hermine Donceel et Mathieu Bion)

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