Le représentant du Service européen pour l’action extérieure, Thierry Boucher, a annoncé, lundi 3 décembre, que la proposition sur une Facilité européenne pour la paix serait discutée en janvier prochain.
« Je m'attends à ce que le texte [de la proposition] soit discuté en janvier », a-t-il expliqué devant la sous-commission 'Sécurité et Défense' du Parlement européen. Il a précisé s’attendre à de « longues discussions et des négociations sur chaque article de la proposition » entre les États membres.
La proposition, présentée le 13 juin par la Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité (EUROPE 12040), n’a pour l’instant, selon M. Boucher, fait l’objet de discussion que sur sa raison d’être ou en lien avec d’autres sujets tels que la Facilité africaine, et non sur le fond.
De son côté, la commission des affaires étrangères du Parlement européen devrait voter, le 21 février, sur la recommandation du PE au Conseil et à la Haute Représentante sur la proposition, portée par Hilde Vautmans (ADLE, belge).
Le débat, très rapide en raison de l’absence d’un très grand nombre d'eurodéputés, a été marqué par une passe d’armes entre Sonya Reines-Djivanides, de l’European Peacebuilding Liaison Office (EPLO), et Arnaud Danjean (PPE, français). Ce dernier a reproché à Mme Reines-Djivanides de faire un procès d’intention à la Facilité européenne pour la paix. La directrice exécutive de l’EPLO s’était inquiétée d’un possible manque de contrôle. Elle a appelé à un examen parlementaire et à des garde-fous. « Comment dire que les risques sont mesurés réellement ? Les personnes qui surveilleront [cette Facilité] ont-elles une expérience ? », s’est-elle interrogée. « Je n’ai jamais vu, en 10 ans de mandat, des décisions prises sans encadrement, sans garantie », lui a répondu M. Danjean. Mme Vautmans a elle aussi estimé qu’il fallait garantir le contrôle des équipements.
De son côté, M. Boucher a voulu se montrer rassurant. Il a rappelé que toute décision devrait se prendre à l’unanimité, ce qui était en soi une garantie, et qu’en raison de sensibilités de certains États membres, l’envoi d’armes ou de munitions, s'il devait avoir lieu, ne devrait pas être fréquent. (Camille-Cerise Gessant)