Les députés européens ont appelé, jeudi 29 novembre, la Hongrie à extrader l’ancien Premier ministre de l’ancienne République yougoslave de Macédoine (ARYM), Nikola Gruevski, vers son pays.
En effet, les députés ont adopté les amendements des groupes Verts/ALE et S&D sur ce sujet dans le cadre du vote sur le rapport de Ivo Vajgl (ADLE, slovène) sur l’ARYM (EUROPE 12148). L’amendement des Verts/ALE émet en particulier l'avis que l’aide de la Hongrie dans la fuite de l’ancien Premier ministre est « un acte d’ingérence » dans les affaires intérieures de l’ARYM et un « acte de mépris envers le pouvoir judiciaire et l’État de droit dans ce pays ». Cet amendement a été adopté par 323 voix contre 227 et 83 abstentions. Si les Verts/ALE, le S&D et l’ADLE l'ont soutenu, le PPE a majoritairement voté contre le texte qui met en cause le gouvernement de Viktor Orbán, lui-même PPE. Le groupe GUE/NGL s’est montré divisé et le CRE s’est majoritairement abstenu.
L’amendement du S&D revient davantage sur la nécessité « de respecter l’indépendance du système judiciaire de l’ARYM et l’État de droit dans le pays, de réévaluer l’asile politique accordé à M. Gruevski et de procéder à son extradition vers Skopje ». « Les procédures judiciaires de l’ancienne République yougoslave de Macédoine doivent se poursuivre conformément aux modalités prévues par le pays », ajoute le texte, adopté à main levée.
Le rapport de M. Vajgl revient surtout sur la situation en ARYM. En l’adoptant (470 voix pour, 116 contre et 46 abstentions), les députés souscrivent « pleinement à la recommandation de la Commission, et à la décision du Conseil qui a suivi, de fixer à juin 2019 la date d’ouverture des négociations d’adhésion en reconnaissance des efforts de réforme encourageants ».
Saluant le vote du Parlement macédonien du 19 octobre en faveur du lancement du processus de modification de la Constitution afin de mettre en œuvre les dispositions de l’accord de Pržino, le PE invite tous les partis politiques à continuer de coopérer dans un esprit de responsabilité partagée lors des prochaines étapes de la procédure.
Les eurodéputés demandent au nouveau gouvernement d’« accélérer la mise en œuvre des réformes liées à l’UE ». Le pays doit, selon eux, intensifier la lutte contre le blanchiment de capitaux et les conflits d’intérêts, mieux protéger la justice contre toute ingérence politique, réviser « en temps utile » le code électoral et traiter les problèmes persistants en matière d’État de droit. Le PE demande aussi des efforts dans la lutte contre la corruption « généralisée » et la criminalité organisée.
Enfin, les eurodéputés insistent sur la nécessité d’améliorer le climat des affaires et de s’attaquer à l’importante économie informelle et aux problèmes persistants d’évasion fiscale et de mauvaise application des contrats. (Camille-Cerise Gessant)