Le PE est satisfait du projet d’accord de retrait du Royaume-Uni de l'Union européennne et de la déclaration politique sur les futures relations UE/Royaume-Uni approuvés dimanche 25 novembre à Bruxelles par les Vingt-sept et le Premier ministre britannique, Mme Theresa May (EUROPE 12145).
Mais les principaux groupes politiques ainsi que les membres du comité de pilotage du PE sur la sortie du Royaume-Uni ont aussi promis d’être vigilants sur la mise en œuvre et certains des aspects de l’accord de retrait ou de la déclaration, comme le fonctionnement du comité de règlement des litiges - comme l’a dit le président de ce comité, le Belge Guy Verhofstadt - ou les clauses de non-régression en matière sociale, fiscale ou environnementale, a dit Philippe Lamberts, coprésident belge des Verts/ALE.
Les députés avaient entendu un peu plus tôt, jeudi 29 novembre, une présentation de ces deux textes par le négociateur en chef de l’UE, Michel Barnier. Celui-ci a insisté sur le fait que le moment était « grave et important ». « Le temps des négociations est terminé, maintenant c’est le temps de la ratification », a-t-il lancé aux députés, rappelant « l’extrême complexité » du projet de divorce sur la table, qui est « le seul et le meilleur possible ».
Les députés britanniques devront se prononcer sur ces négociations le 11 décembre prochain. En cas d’échec, certains estiment qu’un deuxième vote pourrait encore intervenir, si la marge de voix ayant rejeté l’accord reste dans une proportion raisonnable, mais une victoire nette des opposants à l’accord pourrait compliquer cette hypothèse de second vote.
En attendant, beaucoup d’eurodéputés ont souligné jeudi que le Brexit restait un événement triste et une mauvaise affaire pour les deux parties, mais « surtout pour les Britanniques », a jugé le député allemand du PPE Elmar Brok, qui a utilisé les statistiques de la Banque d’Angleterre parues cette semaine, selon lesquelles le pays serait plus pauvre après sa sortie de l’UE, et cela dans tous les cas de figure, avec une perte pouvant aller de 2,9 % de PIB sur 15 ans à plus de 9 % en cas de sortie sans accord. Pour l’Allemand, cet accord est donc à « prendre ou à laisser » ; il faut aussi résister à la tentation dangereuse de laisser croire que le Royaume-Uni pourrait obtenir mieux en cas d’échec au Parlement le 11 décembre. Le député a aussi appelé ses homologues britanniques à cesser de parler à tort et à travers de certaines choses comme le filet de sécurité pour l’Irlande qui, a-t-il rappelé, ne doit, en théorie, jamais entrer en vigueur.
Le député britannique de l’UKIP Nigel Farage, à l’origine, avec d'autres acteurs, du référendum victorieux du 23 juin 2016, a félicité l’UE pour avoir décroché un si bel accord, « le pire accord pour le Royaume-Uni de toute son histoire ». Il a prédit qu’il serait logiquement rejeté par le Parlement britannique et cela, assez largement, a-t-il avancé. Il faut ainsi que l’UE réalise qu’une sortie sans accord du Royaume-Uni le 30 mars prochain est tout à fait « possible ».
Le PE devra - si tout va bien - donner son consentement en début d’année prochaine. (Solenn Paulic)