La Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, a fait part de la consternation des Européens, mercredi 28 novembre dans la soirée, concernant l’usage de la force, par la Russie, contre trois navires ukrainiens en mer d’Azov, dimanche 25 novembre.
Selon les autorités ukrainiennes, la Russie bloquait, le 29 novembre, les ports ukrainiens de la mer d’Azov.
Ainsi, selon une déclaration de la Haute Représentante au nom des Vingt-huit – qui a fait l’objet de plusieurs jours de discussion entre les États membres - l'UE est « extrêmement préoccupée par l'augmentation dangereuse des tensions dans la mer d'Azov et le détroit de Kertch ces derniers jours, qui a conduit à la saisie de navires ukrainiens et de leurs équipages par la Russie et à des tirs qui ont blessé plusieurs militaires ukrainiens ». Les Européens se disent « consternés par cet usage de la force par la Russie qui, dans un contexte de militarisation croissante dans la région, est inacceptable ». « Nous appelons tous à la plus grande retenue pour désamorcer immédiatement la situation », ajoutent-ils.
L’UE attend donc que la Russie assure un « passage libre et sans entrave » dans le détroit de Kertch à destination et en provenance de la mer d'Azov, conformément au droit international, et qu’elle libère « sans condition et sans délai » les navires capturés, leur équipage et leur équipement.
« L'UE continuera à suivre de près la situation et est déterminée à agir de manière appropriée, en étroite coordination avec ses partenaires internationaux », préviennent les Vingt-huit, sans s’étendre sur ce que signifie « de manière appropriée ». Aucun consensus n’a pour l’instant été atteint entre les États membres sur l’adoption de sanctions en lien avec cette dégradation de la situation (EUROPE 12146).
Dans sa déclaration, l’UE rappelle sa condamnation à l’annexion illégale de la Crimée et son soutien à l’intégrité territoriale de l’Ukraine.
De son côté, le Parlement européen a également réagi, via son président, Antonio Tajani, qui a exprimé ses préoccupations concernant la situation. « La Russie n’a pas à interdire le passage à des embarcations de l’Ukraine vers la mer d’Azov », a-t-il souligné en ouverture de session plénière le 28 novembre, appelant Moscou à respecter ses obligations en vertu de la convention de l’ONU sur la circulation maritime et l’accord conclu avec Kiev en 2003. M. Tajani, qui a rencontré, mardi 27, son homologue de la Verkhovna Rada, Andriy Parubiy, a exhorté à la libération des militaires arrêtés.
Le Parlement européen avait déjà condamné, le 25 octobre dernier dans une résolution, les agissements russes dans cette mer située entre l'Ukraine, la Russie et la Crimée (EUROPE 12125). (Camille-Cerise Gessant)