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Bulletin Quotidien Europe N° 12135
INSTITUTIONNEL / Avenir de l'ue

Les forces de gauche veulent mettre en place une structure de collaboration permanente

De nombreux leaders politiques nationaux et européens ancrés à gauche se sont engagés à mettre en place un système de collaboration permanente et de « convergence des actions » à l’issue du 2e Forum des progressistes qui s’est tenu à Bilbao du vendredi 9 au dimanche 11 novembre. 

« On doit rassembler ces forces qui veulent reconstruire un projet d’une Europe solidaire, coopérative, respectueuse des peuples, les réunir pour travailler à un nouveau projet commun », a expliqué à EUROPE Pierre Laurent, secrétaire national du Parti communiste français et vice-président du Parti de la gauche européenne. 

« C’est le travail que nous voulons assigner à ce Forum, qui pour nous ne devrait pas être seulement une rencontre annuelle, mais devrait être une structure de travail permanente sur les thèmes d’une nouvelle Europe », a-t-il poursuivi. « L’idée de ce forum, n’est pas d’être un nouvel espace en concurrence avec les autres, mais être un espace où toutes ces initiatives politiques puissent dialoguer entre elles et trouver le chemin d’une construction commune », a-t-il insisté, espérant qu'il s'agira d'un « espace de confrontation respectueux et pluraliste ». 

La déclaration adoptée à l'issue du Forum comprend quatre axes principaux. Tout d’abord, le Forum veut « réordonner » la richesse créée au profit d'un nouveau modèle social et écologique. Il propose d’établir de nouveaux critères pour flécher les investissements de telle manière à transformer les structures de production et, surtout, d’adopter une convention-cadre budgétaire, fiscale et financière pour fonder un nouveau modèle « productif et économique » à l’image de la conférence onusienne sur le changement climatique. 

Deuxième axe : la lutte pour l’égalité de genre en mettant fin au patriarcat, ainsi que la promotion des droits LGBTI. La déclaration prévoit notamment la mise sur pied d’un protocole pour promouvoir l’égalité des genres. 

Les signataires de la déclaration veulent également mettre un terme à la militarisation de l’UE et proposent la tenue d'une conférence paneuropéenne pour la paix et la sécurité collective. Ils appellent à la création d’un système d’asile unique et d’une politique migratoire fondée sur la solidarité et la responsabilité, notamment en ce qui concerne le sauvetage en Méditerranée des migrants. Cela passe par la réforme du règlement dit 'de Dublin'. 

Enfin, la déclaration dénonce l’orientation néolibérale des traités européens « imposée sans le consentement du peuple, et parfois contre sa volonté », prenant pour exemple le mandat de la BCE focalisé sur l'inflation et qui échappe à tout contrôle démocratique. Ici, les signataires veulent rédiger une nouvelle charte en faveur d'« une démocratie souveraine » en Europe. 

Un mode opératoire encore à définir

Les contours de ce travail permanent ne sont pas encore définis. Selon une source, ce travail pourrait reposer sur la structure déjà en place pour le Forum. Celui-ci s’appuie sur un comité restreint d’une quinzaine de coordinateurs qui se rencontrent mensuellement, et un comité plus large qui se rencontre tous les deux ou trois mois. 

Certains craignent toutefois que l’initiative devienne un nouvel espace d’interminables discussions, à l’instar de Benoît Hamon. L'initiateur du mouvement Génération.s a fait part à EUROPE de sa fatigue de cette gauche « qui cause », alors qu’il faut passer à l’action et « déplacer des montagnes ». 

« Je pense que nos attentes sont peu nombreuses, nous espérons que le Forum ne se limite pas à s'applaudir mutuellement, applaudir des discours qui sont probablement tous récités par cœur », a confié de son côté David Adler, porte-parole de DiEM25, le mouvement lancé par Yanis Varoufakis, universitaire et ancien ministre grec des Finances. M. Adler a insisté, en référence au mouvement paneuropéen le Printemps européen (lancé entre autres par Génération.s et DiEM25), sur la nécessité de mettre sur pied un seul mouvement « réellement » transnational avec une vision politique structurée et cohérente. 

Rejet d’une sortie unilatérale de l'UE

La plupart des participants et intervenants ont semblé rejeter en bloc la possibilité d’un ‘Lexit’ ou plan B, tel que prôné par le mouvement français La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon. 

« C’est une option crédible pour ceux qui le pensent », a commenté M. Hamon. « Si c’est crédible pour sauver des services publics, sauver notre droit du travail, je n’y crois pas une seule seconde », a-t-il critiqué, avant de renchérir : « Il n’y a que de solutions européennes à la crise européenne. » (Pascal Hansens)

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