La Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, a confirmé, samedi 10 novembre, veille des ‘élections’ dans les régions séparatistes ukrainiennes de Louhansk et Donesk, que l’UE ne reconnaîtrait pas ces élections.
Ces élections visant à élire les « présidents » et « députés » de ces « Républiques populaires » ont vu la victoire des chefs séparatistes actuels.
« L'UE considère que les 'élections' [du] 11 novembre 2018 dans les territoires, non contrôlés par le gouvernement, de la République populaire de Louhansk et de la République populaire de Donetsk sont illégales et illégitimes et ne les reconnaîtra pas », a-t-elle prévenu dans un communiqué au nom des Vingt-huit, ajoutant même que l'UE condamnait ces 'élections', qui « [constituaient] une violation du droit international, [sapaient] les engagements pris dans le cadre des accords de Minsk et [violaient] la souveraineté et le droit de l'Ukraine ». Une déclaration confirmée le 12 novembre par la porte-parole du Service européen pour l'action extérieure, Maja Kocijancic.
Les accords de Minsk – auxquels les Européens rappellent leur soutien et appellent à la mise en œuvre – « prévoient exclusivement la tenue d'élections locales dans le cadre de la législation ukrainienne et conformément aux normes et aux observations de l'OSCE », rappelle la déclaration, qui estime donc que cela rend « ces prétendues ‘élections’ nulles et non avenues ». De plus, la Russie doit faire pleinement usage de son influence considérable sur les séparatistes qu'elle soutient, ajoute-t-elle.
La veille, depuis Kiev, le commissaire à la Politique de voisinage, Johannes Hahn, avait déjà annoncé que ces élections n’étaient pas « une contribution » pour résoudre le conflit dans l’est de l’Ukraine et que les Européens ne reconnaîtraient sûrement pas ces élections.
Poursuivre la lutte contre la corruption
En Ukraine, le commissaire a une nouvelle fois demandé des avancées dans la lutte contre la corruption. « La corruption est toujours un phénomène endémique en Ukraine », a-t-il constaté lors d’une visite au bureau national anticorruption ukrainien (NABU), dont il a salué le travail. M. Hahn a donc, pour la énième fois, exhorté à l’établissement de la haute cour anticorruption « afin que les affaires [soulevées par le NABU] puissent être gérées de manière rapide, équitable et efficace ». « Les fonctionnaires corrompus doivent être punis », a-t-il ajouté. Le commissaire a aussi insisté sur la nécessité de s’assurer de l’indépendance et du fonctionnement des institutions anticorruption. Il a donc appelé les autorités à prendre des « mesures nécessaires pour rétablir la crédibilité » du procureur anticorruption spécialisé, « qui aurait violé sérieusement des règles éthiques, mais qui est toujours en poste ».
Le commissaire a également demandé que les auteurs du meurtre de Kateryna Handzyuk et les commanditaires soient arrêtés (EUROPE 12131). « Nous devons tous travailler dur pour éclaircir ce crime, identifier non seulement les meurtriers, mais aussi ceux qui ont donné l’ordre de ce crime. C’est ce qui importe », a-t-il expliqué.
Toutefois, au-delà des critiques, le commissaire a salué les progrès dans les réformes du secteur de la santé et la décentralisation et concernant la privatisation d’entreprises. Tout en reconnaissant qu’une centaine de petites entreprises avaient été privatisées, M. Hahn a appelé à la privatisation d’entreprises plus importantes. Il a espéré que cela se fasse de manière hautement professionnelle et transparente, afin de ne pas créer des oligopoles. (Camille-Cerise Gessant)