La stratégie européenne d’adaptation au changement climatique a permis, en cinq ans, de réaliser des progrès ; son efficacité sur le terrain mérite d’être accrue, car ses objectifs n'ont pas été totalement atteints, mais elle garde toute sa pertinence, selon le rapport sur la mise en œuvre de cette stratégie, publié lundi 12 novembre par la Commission européenne, avec un an de retard.
Cette stratégie, adoptée en 2013, vise à promouvoir l’action des États membres, à garantir une action résiliente au changement climatique à l’échelle de l’UE et un processus décisionnel mieux informé (EUROPE 11935, 10870). Aux termes de cette stratégie, la Commission était tenue de faire rapport au Parlement et au Conseil en 2017 et, si nécessaire, de proposer une révision. Pour l'heure, il n'en est pas question, alors qu'en avril 2017 les ministres européens de l’Environnement avaient posé les jalons de stratégies d’adaptation ajustées à l’Accord de Paris sur le climat (EUROPE 11774).
La Commission estime que, pour l'avenir, la stratégie de l'UE pourrait être plus efficace en matière de : - réduction des risques de catastrophe ; - d'intégration de l'adaptation dans la politique maritime et de la pêche de l'UE et les régions côtières en général ; - d'élaboration et d'utilisation d'outils pour les investisseurs et les assureurs afin d'intégrer davantage le changement climatique dans leur gestion des risques ; - d'utilisation de l'investissement privé ; - d'adaptation fondée sur les écosystèmes (comme les pratiques agricoles de conservation, l'infrastructure verte, la protection de la nature).
Selon le rapport d'évaluation, la stratégie est globalement en cohérence avec les autres politiques et mesures d’adaptation aux niveaux local, régional, national et de l’UE, mais il conviendrait de renforcer la cohérence avec les politiques et initiatives internationales. « Pour l’avenir, il faudrait recadrer la stratégie pour mieux l’aligner sur l’évolution du cadre d’action international et pour mieux évaluer les conséquences pour l’UE des répercussions transfrontières des effets climatiques touchant les pays tiers, notamment par l’intermédiaire des flux migratoires, commerciaux et financiers », indique la Commission.
Parmi les avancées jusqu'ici, la Commission note que le nombre d’États membres ayant mis en place une stratégie nationale d'adaptation est passé de 15 à 25. L’adoption de stratégies d’adaptation a été accélérée par les Fonds structurels et d’investissement européens (ESI), précise l'institution.
Elle souligne que, depuis 2014, le programme LIFE a financé, à hauteur de 184 millions €, 60 projets liés à l’adaptation qui, une fois achevés, devraient avoir une incidence sur un quart environ du territoire de l’UE. LIFE contribue aussi à mettre en œuvre des stratégies d’adaptation nationales et régionales en Grèce et à Chypre.
Autre avancée : l'introduction de l'adaptation dans la Convention des maires. En avril 2018, 1 076 signataires de la Convention des maires issus de 25 États membres se sont engagés à mener des évaluations de la vulnérabilité et des risques, ainsi qu’à élaborer des plans d’adaptation et à en rentre compte.
Le rapport est accessible en ligne : https://bit.ly/2RKgWtA. (Aminata Niang)