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Bulletin Quotidien Europe N° 12131
POLITIQUES SECTORIELLES / Industrie

La société civile et les villes proposent une série de mesures pour répondre au défi du diesel

Transport & Environment (T&E), Eurocities et la European Public Health Alliance (EPHA) ont adopté une déclaration commune exposant plusieurs grandes recommandations afin de prendre à bras le corps la question de la pollution générée par les voitures diesel et la gestion des voitures non conformes aux règles européennes, à l’occasion du Sommet européen sur le diesel, mardi 6 novembre à Bruxelles. 

Les recommandations sont au nombre de cinq, à savoir : - remettre à niveau (‘clean up’) les 43 millions de véhicules diesel « sales » (‘dirty’) en circulation actuellement sur le territoire européen ; - coordonner les rappels de véhicules pour les remettre en conformité avec les règles européennes et éviter la revente des voitures qui n’ont pas été mises en conformité en Europe centrale et orientale ; - garantir que tous les véhicules remis à niveau aient bien passé des tests en conditions de conduite réelle afin de vérifier les performances en termes d’émission ; - créer un fonds européen pour améliorer la qualité de l’air (‘EU Clean Air Fund’) auquel l’industrie serait mise à contribution, et ce de manière significative ; - renforcer la législation européenne en matière d’émission des véhicules et le cadre d’homologation, et encourager les investissements pour les transports multimodaux et les infrastructures. 

Tous les intervenants sont tombés d’accord pour dire, tout en saluant les progrès réalisés depuis le moment où le scandale du 'Dieselgate' a éclaté, que la situation n’est pas réglée pour autant. « Le Dieselgate n’est pas encore fini et il semblerait que l’industrie [automobile] utilise encore les lacunes [de la législation européenne, NDLR] », a ainsi déclaré la commissaire au Marché intérieur et à l’Industrie, Elżbieta Bieńkowska, en référence aux récentes révélations faites par le Centre commun de recherche (EUROPE 12070). « Les gouvernements et les industries doivent prendre leurs responsabilités », a-t-elle ainsi martelé, regrettant avoir perdu près de deux ans en raison du manque de réaction des États membres et du secteur industriel. 

Il est vrai que les problèmes sont nombreux autant que cornéliens, à commencer par la question des 43 millions de véhicules diesel sur les routes ou encore la remise à niveau des logiciels des véhicules, qui, selon Jürgen Resch (Deutsche Umwelthilfe), sont inefficaces. D’autres intervenants ont pointé du doigt le faible niveau des amendes au sein de l’Union contre les constructeurs fraudeurs, en comparaison notamment avec les amendements pratiqués aux États-Unis. Par ailleurs, William Todts, directeur général de Transport & Environment, a indiqué de son côté que des tests menés par T&E ont montré que les résultats enregistrés étaient jusqu’à 9 fois supérieurs à ceux enregistrés dans le cadre des tests RDE en conditions de conduite réelle. 

Interdiction des véhicules diesel. Alors que la plupart des intervenants ont pris la parole en faveur de l’interdiction des véhicules diesel dans les centres-villes, la commissaire s’est une nouvelle fois exprimée contre cette interdiction, expliquant que cette mesure sanctionne avant tout les consommateurs et ne s'attaque pas au cœur du problème. 

Sommet ministériel sur le diesel. Mme Bieńkowska a annoncé, par ailleurs, à l’issue de son intervention, vouloir organiser le 27 novembre un sommet informel sur le diesel avec les ministres compétents pour faire le point sur les actions entreprises au niveau national, échanger les meilleures pratiques et déterminer ce qu’il faut faire par la suite. (Pascal Hansens)

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