Les 758 délégués membres du parti européen PPE se réunissent, mercredi 7 et jeudi 8 novembre à Helsinki en Finlande, pour déterminer leur candidat à la succession de Jean-Claude Juncker à la présidence de la Commission européenne.
La famille chrétienne-démocrate devra choisir entre l'Allemand Manfred Weber, chef de file du groupe PPE au Parlement européen, et le Finlandais Alexander Stubb, ancien Premier ministre et actuel vice-président de la BEI.
Si les rumeurs donnent Manfred Weber gagnant depuis le début, certains ne veulent pas encore faire une croix sur M. Stubb. Mais le fait est que l’Allemand « a toute une équipe derrière et Alexander Stubb, lui, est seul à faire campagne », observait aussi une source mardi 6 novembre, jugeant plutôt courageuse la course du Finlandais.
Les deux hommes se suivent de quelques années. Âgé de 46 ans, Manfred Weber représente le parti CSU à Bruxelles. Il a été adoubé - même modestement - par la chancelière allemande, Angela Merkel, et est soutenu par des poids lourds idéologiques du PPE, tant en Italie avec Silvio Berlusconi et le président du PE Antonio Tajani, qu’en Hongrie avec le soutien affiché de Viktor Orbán au Bavarois.
Face à lui, Alexander Stubb, 50 ans, s'affiche comme le champion d'une 'nouvelle génération' véhiculant de nouvelles idées. Il a fait campagne sur la défense des valeurs et de l'État de droit, se disant prêt à promouvoir l'exclusion du PPE du parti Fidesz du Premier ministre hongrois, Viktor Orbán, l'enfant terrible du parti, si celui-ci ne se plie pas à un contrat basé sur le respect des valeurs fondamentales.
La question des valeurs sera au centre du Congrès du PPE. Une résolution intitulée 'Protéger les valeurs européennes et sauvegarder la démocratie' sera en effet adoptée. Le projet de texte actuel ne s’aventure pas à pointer du doigt tel ou tel dirigeant, mais réitère les valeurs en lesquelles doivent croire tous les membres de la famille PPE.
Le projet de résolution souligne ainsi que les valeurs traditionnelles comme le système du multipartisme, l’État de droit, l'indépendance des médias sont remis en question, à la fois par le populisme, le nationalisme et le phénomène de désinformation. La résolution souligne aussi que sans une UE et des institutions européennes fortes, le bien commun ne pourrait pas être assuré.
Le PPE entend donc rappeler à l’occasion des élections européennes de mai 2019 son attachement à ces principes et chaque leader PPE devra pouvoir promouvoir ces valeurs.
Cette résolution, qu’elle soit adoptée ou rejetée, ne devrait pas avoir de conséquence particulière sur Viktor Orbán puisque, comme l’avait expliqué le président Joseph Daul du PPE mi-octobre (EUROPE 12119), aucune demande d’activation de la procédure d’exclusion n’a été faite à ce jour.
À Helsinki, des débats auront lieu sur la prospérité ou les migrations, mercredi 7 novembre. Le soir même, les deux candidats débattront de leur programme en ouverture du sommet du PPE.
Jeudi matin, les deux candidats referont leur profession de foi devant les délégués avant que le vote à bulletin secret ne commence à 10 h 30.
Le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, M. Tajani, la chancelière allemande Angela Merkel, le chancelier autrichien Sebastian Kurz et le Premier ministre irlandais Leo Varadkar prendront également la parole.
S'étant retiré de la course à la nomination de candidat tête de liste ('Spitzenkandidat') du parti PPE (EUROPE 12106), le négociateur en chef de l’UE pour le Brexit, Michel Barnier, sera aussi de la partie. (Solenn Paulic)