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Bulletin Quotidien Europe N° 12131
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SÉCURITÉ - DÉFENSE / DÉfense

Pour M. Macron, les Européens ne seront pas protégés sans armée européenne

Le président français, Emmanuel Macron, a estimé, mardi 6 novembre, que l’Europe ne serait pas protégée, notamment face à la Russie, sans une véritable armée européenne. 

« On ne protègera pas les citoyens européens si on ne décide pas d’avoir une vraie armée européenne », a-t-il expliqué lors d’une interview sur la radio Europe 1, en marge des commémorations de la fin de la Première Guerre mondiale. « On doit avoir une armée européenne qui se défende davantage seule, sans dépendre seulement des États-Unis et de manière plus souveraine », a ajouté M. Macron. En septembre 2016, dans son discours de la Sorbonne, le président avait déjà proposé la mise en œuvre d’une force d’intervention européenne à l’horizon 2020 (EUROPE 11870). 

M. Macron a estimé que des « puissances autoritaires [réémergeaient] et se [réarmaient] aux confins de l'Europe ». Il a notamment pointé du doigt Moscou. « Face à la Russie qui est à nos frontières et qui a montré qu’elle pouvait être menaçante, je veux construire un vrai dialogue de sécurité avec la Russie qui est un pays que je respecte, qui est européen », a-t-il avancé. 

Le président a également souhaité que l’Europe se protège face à la Chine, la Russie, mais aussi les États-Unis. « Quand je vois le président [américain Donald] Trump annoncer, il y a quelques semaines, qu’il sort d’un grand traité de désarmement [traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI), NDLR], conclu après la crise des euromissiles au milieu des années 80, qui avait frappé l’Europe, qui en est la victime principale ? L’Europe et sa sécurité », a-t-il insisté (EUROPE 12122). 

À terme, une armée européenne

Interrogé sur les propos de M. Macron, le porte-parole de la Commission européenne, Margaritis Schinas, a estimé qu’à terme, l’UE pourrait avoir sa propre armée. « Nous devons commencer là où les compétences de l'UE sont les plus évidentes », telles que la recherche, la coopération en matière de marchés publics ou les possibilités de financement de l'UE, a-t-il expliqué. 

« Je ne pense pas que cette identité de défense commence avec une armée européenne et qu’ensuite nous ferons le reste. Nous devons commencer par le reste et nous verrons, à un moment donné, probablement à la fin de ce processus, peut-être quelque chose que les gens décrivent déjà comme une armée européenne ou un rassemblement des ressources de l'UE pour rendre cette identité de défense européenne plus visible et significative », a-t-il ajouté. 

M. Schinas a rappelé que la Commission européenne sous la présidence Juncker avait mis en avant « la nécessité d'une défense significative pour l'UE » et fait des « propositions pour commencer à construire progressivement » cette défense « dans cette période géopolitique difficile ». (Camille-Cerise Gessant)

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