L’UEAPME, l’organisation européenne qui représente les PME et l’artisanat, a publié son dernier baromètre des PME (‘SME barometer’), jeudi 11 octobre, qui a atteint avec 81,7 % son plus haut niveau depuis 2007, bien que la croissance de l’index ralentisse en raison notamment des grandes incertitudes qui règnent autour des négociations sur le Brexit. Une inquiétude que veut faire remonter la présidente de l’UEAPME, Ulrike Rabmer-Koller, en amont du prochain sommet social tripartite et du Conseil européen.
Avec un index s’établissant à 71,2 points, les PME des États membres étroitement liés économiquement avec le Royaume-Uni (le 'Brexit group', qui rassemble le Royaume-Uni, l’Irlande, le Danemark) sont à plus de 10 points en dessous de la moyenne européenne et plus de 12 par rapport à la zone euro.
« La pire des choses, c’est l’incertitude », a expliqué à un petit groupe de journalistes la présidente, pour qui ce flou réglementaire – qui risque de s’éterniser durant toute la période de transition, soit jusqu’à la fin 2020 – tue l’activité des PME. Échangeant avec les journalistes, la présidente pense qu'il sera difficile d'avoir un accord décisif la semaine prochaine, lors du Conseil européen, mais peut-être en novembre lors du sommet ad hoc (EUROPE 12110).
À ce titre, Mme Rabmer-Koller a rappelé qu’un scénario de sortie du Royaume-Uni sans accord (‘no deal scenario’) serait la pire des choses pour les PME. Dans le même temps, la proposition avancée en juillet par le gouvernement britannique proposant un traitement différencié entre les biens et les services (EUROPE 12061) n’est pas recevable non plus, car cela mettrait en danger le marché intérieur, selon elle. « Il faut un juste milieu entre un 'no deal' et un 'cherry-picking' », a-t-elle insisté.
Manque de compétences. Le manque d'une main-d'œuvre qualifiée pèse lourdement sur l’activité des PME, certaines devant refuser des commandes par manque de main-d'œuvre, a expliqué la présidente. Rien qu’en Autriche, pays dont Mme Rabmer-Koller est originaire, 85 % des PME auraient des difficultés à trouver de la main-d'œuvre qualifiée. À ses yeux, une double réponse doit être apportée : - faire évoluer les systèmes éducatifs vers un système dual mettant l’accent sur la formation professionnelle ; - donner la préférence à une immigration choisie.
Pour consulter l’étude dans son intégralité : https://bit.ly/2CC549C. (Pascal Hansens)