La Confédération européenne des syndicats (CES) a condamné, dans un communiqué de presse daté du jeudi 11 octobre, la décision de la Présidence autrichienne du Conseil de l’UE d’annuler la tenue d’une réunion ministérielle ‘Emploi et Politique sociale’ (EPSCO) prévue ce jour même.
Les syndicats rappellent qu’était inscrit à l’ordre du jour un point sur la mise en œuvre du socle européen des droits sociaux et, en particulier, sur les progrès enregistrés quant au règlement établissant l’Autorité européenne du travail (voir autre nouvelle).
« Cette décision arbitraire et injustifiée envoie un message absolument mauvais aux citoyens européens », a déclaré Luca Visentini, secrétaire général de la CES. Des membres du Comité économique et social européen (CESE) avaient déjà exprimé leur mécontentement auprès d’EUROPE, lors d’une réunion de travail à Vienne, plus tôt dans la semaine (EUROPE 12114).
Le maître du jeu
« Il appartient au Conseil de décider de son agenda, il est le maître du jeu », a commenté, de son côté, la commissaire à l’Emploi et aux Affaires sociales, Marianne Thyssen, lors d’une conférence de presse concernant l’accord interinstitutionnel sur la directive ‘agents cancérigènes et mutagènes’ (voir autre nouvelle).
« Ce qui compte pour nous, pour la Commission, ce qui compte pour moi, c’est de voir finalement beaucoup de résultats à la fin de la Présidence autrichienne », a poursuivi la commissaire – des mots qui pourraient sonner comme un avertissement.
Selon une source interne haut placée, jamais une Présidence du Conseil de l’UE n’a supprimé purement et simplement une réunion ministérielle alors que ces réunions présentent toujours l'avantage d'organiser un échange multilatéral au niveau politique.
Le Conseil EPSCO du 6 décembre s'annonce ainsi particulièrement chargé. « Ce sera le jour de la Saint Nicolas », commente notre source, espérant un Conseil conclusif sur de nombreux dossiers législatifs.
Pas assez de textes mûrs
Dans une lettre datée du 5 septembre adressée à la Commission européenne, consultée par EUROPE, la Présidence autrichienne s’explique : « Il n'y a pas de discussions sur d'autres dossiers qui en arrivent à une phase où les ministres pourraient avoir un apport important et aucune autre décision ne doit être prise par les ministres à ce stade. »
Selon une autre source, plusieurs États membres auraient réagi à l'annulation, dont notamment la Belgique, Chypre, l’Allemagne, la France, le Luxembourg, le Portugal, la Slovaquie et l’Espagne. (Pascal Hansens)