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Bulletin Quotidien Europe N° 12062
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EMPLOI / Emploi

Jusqu’à 69% des emplois dans certains États membres pourront être concernés par l’automatisation, selon la Commission

Selon une série d’études compilées par la Commission européenne dans son rapport annuel sur l’évolution de l’emploi et de la situation sociale en Europe (ESDE), publié vendredi 13 juillet, entre 37% et 69% des emplois pourront à l’avenir être concernés par l’automatisation.

Certes, le rapport apporte de bonnes nouvelles : la situation macroéconomique est au beau fixe, le niveau d’emploi des Européens est toujours à la hausse (bien que les heures travaillées globales restent en deçà du niveau d’avant-crise) et la pauvreté recule. Mais il met aussi en exergue les défis que portent deux phénomènes déstabilisant le marché du travail : la numérisation des emplois, et leur automatisation.

Ceci a pour effet de « polariser » les emplois : les emplois à moyen salaire diminuent progressivement au profit des emplois à haut salaire et à bas salaire. Autre constat : la demande de travailleurs hautement qualifiés est de plus en plus forte dans les emplois à bas salaire. Ce phénomène se serait fortement accéléré depuis 2011, en raison de l’essor des plateformes numériques.

Les plateformes collaboratives pourraient représenter un « plus grand problème » à l’avenir. Sans compter la dégradation de la qualité du travail : perte d’autonomie, externalisation, basculement contraint sous le statut d’indépendants (avec une couverture sociale réduite), flou juridique sur la couverture des accords collectifs. Globalement, la Commission note ainsi une corrélation inversement proportionnelle entre numérisation de l’emploi et satisfaction au travail.

Surtout, les emplois routiniers sont directement menacés en raison de l’essor de la robotisation, le nombre de robots ayant quadruplé en 25 ans (avec l’Allemagne en première ligne dans le secteur automobile). Pour la Commission, les emplois non routiniers sont à terme menacés, bien que l'institution reste indécise sur l’ampleur de la destruction.

L’institution cite des chiffres allant de 6% en Allemagne à 69% en République tchèque, mais juge que l’incidence pourrait être plus grande au vu des récentes percées de l’intelligence artificielle. Ainsi, elle anticipe une destruction d’abord dans le secteur manufacturier, puis agricole, mais rapidement dans les services. En outre, les robots deviennent de plus en plus bon marché et deviennent moins chers qu’un travailleur.

Point positif de ce phénomène : la robotisation devrait générer un surplus de productivité et compenser les conséquences du vieillissement des sociétés européennes.

Pour consulter l’intégralité du rapport (en anglais) : https://bit.ly/2ujMmxM .  (Pascal Hansens)

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