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Bulletin Quotidien Europe N° 12062
POLITIQUES SECTORIELLES / Environnement

Pesticides, les Vingt-huit échouent à se prononcer sur la proposition visant à interdire quatre substances actives toxiques

Quatre substances actives hautement toxiques entrant dans la composition des pesticides – le malathion, le diquat, le thiram et le pymetrozine – que la Commission européenne a proposé d’interdire en vue de permettre le retrait des autorisations des produits phytopharmaceutiques les contenant, ont peut-être encore de beaux jours devant elles, à moins que la Commission ne décide, seule, de les interdire.

Les représentants des Vingt-huit, réunis jeudi 12 juillet en comité d'appel, ont échoué, à réunir la majorité qualifiée requise pour approuver ou rejeter cette proposition. Il en avait été de même lors des réunions du comité des plantes, des animaux, des denrées alimentaires et des aliments pour animaux en juin, au niveau des experts – raison pour laquelle il avait été nécessaire d’en référer à un comité d’appel où les États membres sont représentés à un niveau plus élevé.

La proposition visant à interdire ces substances actives se fonde sur l’avis de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA). 

La balle est maintenant dans le camp de la Commission, laquelle est habilitée à prendre une décision de son propre chef, selon les règles de comitologie en vigueur.

Interrogée sur ce que fera l'institution, celle-ci n'a rien dévoilé. « La Commission européenne réfléchit aux prochaines étapes », a répondu un haut fonctionnaire à EUROPE, vendredi.

L'ONG PAN Europe (Pesticide Action Network Europe) veut croire que, « disposant de toute liberté », la Commission interdira ces quatre substances actives. Dans un communiqué publié le 13 juillet, l'ONG incrimine les États membres qui, souvent, font valoir que ces substances actives sont trop importantes pour l'agriculture pour s'en priver.

« Il est dommage que la Commission doive mener un tel combat avec les États membres qui considèrent qu'endommager l'environnement n'est pas un problème et continuent à demander des données de confirmation et davantage de mesures d'atténuation », commente Martin Dermine, expert en santé et environnement chez PAN Europe. Angeliki Lysimachou, écotoxicologue de l'ONG, met en doute l'efficacité de ces mesures. Elle affirme que « malgré ces mesures d'atténuation, on retrouve souvent des niveaux toxiques de pesticides dans les fleuves européens. » (Aminata Niang)

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