Un petit groupe de journalistes et un message très clair : le Parlement européen ferait mieux de revenir à la proposition de la Commission européenne, plutôt que de s'en éloigner. C'est le message qu'a défendu le vice-président chargé du Marché unique numérique, Andrus Ansip, le 13 juillet face à la presse.
« Je ne veux pas d'un ministère de la Vérité », a indiqué le vice-président, rappelant qu'il avait connu l'Estonie sous l'Union soviétique. Il estime que la position de la commission des affaires juridiques va trop loin, dans la mesure, explique-t-il, où elle ne fait plus la différence entre les grosses et les petites plates-formes et qu'elle ne tient plus compte du principe de responsabilité limitée de la directive e-commerce. Et de développer son point de vue : selon lui, même le système ContentID de YouTube, qui figure parmi les plus performants, n'est capable d'identifier que 95% des contenus chargés par les utilisateurs. Selon lui, si les plates-formes deviennent totalement responsables du contenu chargé sur leur portail, elles risquent, dans le doute, de retirer automatiquement les chargements. « Moi aussi, cela me fait craindre pour la liberté d'expression. », indique-t-il, exhortant les eurodéputés à adopter une position plus souple lors de leur vote le 12 septembre. (Sophie Petitjean)