Les eurodéputés français Éric Andrieu et Louis-Joseph Manscour (S&D), alarmés par la toxicité du chlordécone, substance active d’un pesticide hautement toxique, ont saisi la Commission européenne d’une demande d’abaissement des limites maximales de résidus (LMR) de ce pesticide à 0,01 mg/kg pour tous les produits animaux et végétaux, et d’étendre la réglementation actuelle aux poissons et crustacés.
Cette double requête est formulée dans une question écrite adressée à la Commission européenne le 25 juin.
Cette substance, interdite aux États-Unis dès la fin des années 1970, n'a été interdite en France qu'en 1990, mais a été utilisée jusqu’en 1993 par dérogation aux Antilles pour lutter contre le charançon du bananier. C’est aujourd’hui le pesticide le plus répandu dans les cours d’eau antillais.
« L’UE importe des produits où le chlordécone a été utilisé, notamment en provenance des Antilles, du Cameroun, de la Côte d’Ivoire et d’Amérique du Sud. La réintroduction sur le marché européen de ces produits représente donc un danger pour la santé des consommateurs européens », écrivent les deux eurodéputés, pour qui il est urgent d’agir et de modifier la législation de l'UE.
Le règlement (CE) no 396/2004 concernant les LMR pour les pesticides présents dans ou sur les denrées alimentaires et les aliments pour animaux ne fixe aucune LMR pour les aliments produits à base de poisson, crustacés, mollusques et autres produits de la pêche en mer ou en eau douce. (Aminata Niang)