Le conflit qui oppose les interprètes à l'administration du Parlement européen demeure dans l'impasse, chaque partie campant sur ses positions, et est parti pour durer, les interprètes ayant désormais prorogé leur préavis de grève jusqu'au vendredi 14 septembre (EUROPE 12044).
Les interprètes considèrent que les réquisitions (environ 30 % du personnel), auxquelles l'administration du PE a procédé ces dernières semaines, sont excessives et n'ont fait l'objet d'aucune concertation préalable. Selon eux, ces réquisitions empiètent sur le droit de grève et discriminent certaines langues et certains eurodéputés, dans la mesure où elles se focalisent sur cinq langues (anglais, allemand, espagnol, français, italien).
L'administration du PE pense que la grogne des interprètes s'estompera avec la pause estivale et prend les mesures qu'elle juge nécessaires pour que le mouvement court-circuite le moins possible les travaux de l'institution européenne et soit le moins visible possible de l'extérieur.
Face à cette impasse, les interprètes, qui expliqueront leur action auprès des groupes GUE/NGL, ce mercredi, et Verts/ALE, mardi 3 juillet, en appellent au plus haut niveau politique pour débloquer la situation, notamment pour trouver un accord sur ce qu'englobe la notion de service minimum. C'est le sens d'un courrier que le comité intersyndical du PE a adressé lundi 25 juin au président du Parlement, Antonio Tajani, lui demandant de « bien vouloir reprendre le contrôle de la situation en définissant clairement des priorités politiques ».
Il est donc probable que les interprètes soient à nouveau réquisitionnés pour la session plénière de juillet au cours de laquelle interviendront le chancelier autrichien, Sebastian Kurz, et le Premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki. (Mathieu Bion)