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Bulletin Quotidien Europe N° 12049
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POLITIQUES SECTORIELLES / Justice

Au PE, plusieurs représentants de Facebook affirment qu’aucune donnée d’Européens n’a été transmise à Cambridge Analytica

Après une première audition, début juin, visant à poser le contexte (EUROPE 12034), cette seconde audition conjointe des commissions des libertés civiles (LIBE), de l’industrie (ITRE), des affaires constitutionnelles (AFCO) et juridiques (JURI) du PE, lundi 25 juin, a abordé pendant plus de quatre heures les conséquences spécifiques de l’affaire ‘Cambridge Analytica’

Nouveau rebondissement : les trois représentants de Facebook (EUROPE 12047) ont tour à tour soutenu qu’aucune donnée d’Européens n’avait été transmise à l’entreprise Cambridge Analytica

« Selon les informations dont nous disposons aujourd’hui, le Dr Kogan n’a pas partagé les données Facebook de personnes non américaines, y compris les Européens, avec Cambridge Analytica », a insisté Joel Kaplan, le vice-président chargé des affaires publiques du groupe. 

Ces propos ont provoqué la surprise d’Ursula Pachl, directrice générale adjointe du Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC). « C’est une contradiction, je ne sais pas comment on peut expliquer cela », a estimé Mme Pachl. 

En effet, début avril, Facebook avait dévoilé que jusqu’à 2,7 millions d’Européens auraient pu être affectés (EUROPE 11996). 

« Le Dr Kogan a collecté beaucoup de données, y compris des données sur les Européens, mais les données qu'il a fournies à Cambridge Analytica étaient celles des Américains parce que c'était tout ce qu'ils voulaient », a tenté de clarifier Lord Richard Allan, vice-président des politiques publiques chez Facebook

Néanmoins, cette nouvelle révélation semble pour l’heure se fonder uniquement sur le témoignage d'Aleksandr Kogan, le développeur de l’application ‘thisisyourdigitallife’, ainsi que sur les termes de son contrat avec l’entreprise Cambridge Analytica

Le réseau social entend encore effectuer sa propre vérification, dès qu'il aura obtenu le feu vert de l’Autorité britannique de protection des données, chargée de l'enquête. 

Les élections européennes : une « priorité » pour Facebook

Et si les représentants de Facebook sont venus au PE avec de nouvelles révélations, ils sont aussi venus avec de nouvelles promesses. 

« La protection de l’intégrité des élections ici en Europe est une priorité absolue pour nous », a assuré Joel Kaplan. Et d’ajouter : « Chez Facebook, nous croyons fermement que notre plate-forme pourrait être une force pour le bien dans le processus démocratique. » 

Selon lui, Facebook a été trop lent à réagir aux nouvelles menaces par le passé, mais la plate-forme a maintenant la « capacité » et la « responsabilité » de s’y attaquer, y compris en vue des élections européennes de 2019. 

Pour ce faire, les efforts du réseau social se concentrent sur cinq domaines, a-t-il expliqué, à savoir : - combattre les interférences étrangères ; - démanteler les faux comptes ; - réduire la diffusion de fausses nouvelles ; - augmenter la transparence des publicités ; - soutenir l’engagement civique et l’information de l’électorat. 

Citant des exemples à foison, il a notamment indiqué que Facebook avait engagé des groupes de contrôleurs indépendants d'informations (‘fact-checkers’) dans plusieurs pays. 500 millions de faux comptes ont été bloqués en trois mois et le nombre de personnes travaillant sur la sécurité sera doublé cette année, passant de 10 000 à 20 000, a-t-il aussi annoncé. 

Une des solutions pourrait être, selon la députée italienne Mercedes Bresso (S&D), d’envisager l’identité numérique sur la plate-forme, avec, pour chaque intervention en ligne, l’obligation de s’authentifier, par exemple, avec une carte d’identité numérique. Le réseau social s'est dit « ouvert » à une telle option, tout en entrevoyant déjà les préoccupations soulevées par certains pays. 

Explorer les solutions possibles : ce sera justement l’objet de la prochaine audition, prévue le 2 juillet, en présence de plusieurs commissaires européens. (Marion Fontana)

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