La Cour des comptes européenne a pointé les faiblesses économiques des investissements réalisés dans l’Union européenne pour ce qui concerne les lignes ferroviaires à grande vitesse et regretté notamment que le réseau européen constitue « un ensemble inefficace et fragmenté », dans un rapport publié mardi 26 juin.
Cette étude a été présentée après la visite et l’examen d’environ 50 % du réseau européen à grande vitesse par les auditeurs européens. Après avoir d’abord noté que le nombre de kilomètres de lignes à grande vitesse augmentait d’année en année, la Cour des comptes note que l’objectif de 30 000 kilomètres de lignes à grande vitesse dans l’UE d’ici à 2030 ne sera pas atteint.
Oskar Herics, l’auditeur chargé de piloter cette étude, fait, lui, un constat assez péremptoire. « Les lignes nationales existantes sont mal reliées entre elles et forment un ensemble inefficace et fragmenté », a-t-il effectivement noté. M. Herics regrette en outre que la décision de mettre sur pied des lignes à grande vitesse soit souvent fondée sur des considérations politiques et non des analyses économiques approfondies.
Parmi les illustrations concrètes de l’inefficacité des réseaux à grande vitesse, la Cour des comptes relève que les lignes étudiées coûtent en moyenne 25 millions d’euros par kilomètre et que quatre lignes sur les dix étudiées coûtent plus de 100 millions d’euros par minute « économisée », par rapport aux lignes à vitesse classique. M. Herics a ainsi ajouté lapidairement que les investissements dans ce secteur étaient « largement inefficaces depuis deux décennies ».
Outre ces questions d’ordre économique, les auditeurs notent qu’en dépit d’une recommandation de 2010 appelant la Commission à prendre des mesures en vue de permettre l’interopérabilité technique ou administrative des différents systèmes nationaux, des barrières persistent.
Parmi les recommandations adressées ce jour à la Commission, la Cour des comptes estime que l’institution devrait se focaliser sur les corridors principaux du réseau transeuropéen de transport (RTE-T) et tout particulièrement sur les projets transfrontaliers. Les auditeurs adressent également des conseils relatifs à la révision du règlement sur le RTE-T et aux règles de cofinancement de certains projets par l’Union. Ils sont également d’avis que la Commission s’attache à faciliter les trajets des passagers.
Cette dernière a par ailleurs accepté la plupart des recommandations qui lui étaient adressées. (Lucas Tripoteau)