La Commission européenne a proposé, mercredi 13 juin, d'accroître de 3,5 milliards d’euros à 4,8 milliards pour la période 2021-2027 l'enveloppe actuellement allouée à la sécurité. Un montant de 2,5 milliards sera octroyé au Fonds pour la sécurité intérieure (FSI) et un montant de 1,1 milliard d'euros destiné à renforcer les agences de l'UE dans le domaine de la sécurité, à distribuer entre Europol, le CEPOL ou l'Observatoire des drogues, l’OEDT. Une autre enveloppe ira à la sécurité nucléaire.
La répartition de cet argent entre les différentes agences se fera au moment de la négociation et programmation avec les États membres. De même, les montants précis pour soutenir, par exemple, l’interopérabilité des systèmes d’information seront déterminés ultérieurement, a expliqué une source européenne mercredi 13 juin.
« Face aux menaces multidimensionnelles, transfrontières et en évolution constante que font peser les terroristes et les criminels sur notre sécurité, nous devons bâtir une réponse solide qui ne fasse pas double emploi avec les efforts fournis par les États membres, mais qui les complète en établissant des liens tant à l'intérieur de l'Union européenne qu'au-delà », a commenté le commissaire à l’Union de la sécurité, Julian King.
Ce sont les États membres qui dépensent le plus en matière de sécurité et cette compétence est nationale, mais l’UE a proposé mercredi de les assister via le FSI dans trois grands domaines : l'accroissement de l'échange d'informations entre les autorités répressives de l'UE et l’effort pour vérifier la qualité des données renseignées dans les différentes bases de données européennes ; l'intensification des opérations transfrontières conjointes, par exemple, pour démanteler des trafics de drogues ; le renforcement des capacités à prévenir et à combattre la criminalité et à lutter contre la radicalisation.
Le commissaire King a notamment souligné l’intérêt de soutenir des actions pour prévenir les menaces chimiques ou réduire l’accès aux précurseurs d’explosifs. Il a aussi insisté sur les efforts pour soutenir la prévention de la radicalisation et la lutte contre les contenus haineux en ligne.
La Commission a adopté pour le FSI la même approche de flexibilité que celle présentée la veille dans le cadre des fonds 'Migration' (EUROPE 12039). Un montant de 1,5 milliard d'euros sera alloué aux États membres pour leur permettre de construire une résilience à long terme dans le domaine de la sécurité et le reste - 1 milliard - sera réservé aux problèmes de sécurité imprévus, pour répondre rapidement à des situations d'urgence et venir en aide aux États membres qui en ont le plus besoin.
Installations nucléaires. L'enveloppe présentée mercredi concerne aussi les programmes de l'UE d'assistance au déclassement d'installations nucléaires qui aide les États membres dans le processus de mise à l'arrêt et de fermeture de ces installations nucléaires dans la dernière phase de leur cycle de vie. Le montant de ce programme est fixé à 1,2 milliard d'euros (voir autre nouvelle). (Solenn Paulic)