Le groupe ACP est uni et parlera d'une seule voix, ont réaffirmé, mercredi 23 mai à Bruxelles, deux secrétaires généraux adjoints du groupe des 79 pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique liés à l’UE par l’Accord de Cotonou jusqu'en 2020, réitérant ainsi la détermination du groupe ACP à négocier en tant qu’un seul bloc un accord post-Cotonou modernisé avec l’UE.
Ils s’exprimaient devant la presse en amont de la 107e session du Conseil des ministres ACP (29 et 30 mai au Togo) qui sera précédée, le 27 mai, par une session extraordinaire dédiée à ces futures négociations qui doivent débuter en août. Cette session sera suivie par un Conseil des ministres conjoint ACP-UE les 31 mai et 1er juin.
Le comité des ambassadeurs ACP a arrêté le projet de mandat de négociation qui sera soumis aux ministres ACP pour approbation. « Il découle directement des principes et des trois piliers du document 'Vers le groupe ACP que nous souhaitons' », publié par les chefs d'État ACP au sommet de Port-Moresby, a déclaré le sous-secrétaire général, Léonard-Émile Ognimba.
Ces trois piliers sont : - le commerce, l'investissement, l'industrialisation et les services ; - la coopération au développement alignée sur les objectifs universels de développement durable, les technologies, la science, l'innovation et la recherche ; - le dialogue politique et les activités de plaidoyer (EUROPE 11782).
« Nous voulons parler d'une seule voix ACP. Le commerce devra être équitable, le principe d'appropriation devra guider le développement des pays ACP et il s'agira d'un dialogue politique entre égaux », a précisé le secrétaire général adjoint, Henrique Banze.
Les ACP souhaitent un accord juridiquement contraignant, de durée illimitée et sont prêts à intégrer l'Afrique du Nord dans l'Accord de partenariat « Tous ACP », qui sera complété par des accords entre l'UE et chacune des trois régions.
Interrogé sur le volet 'migration' du futur partenariat, M. Ognimba a indiqué à EUROPE que « le principe majeur sera d'aborder le sujet dans sa dimension globale qui intègre le lien entre migration, développement et sécurité ». Et d'ajouter : « il faut que nous créions les conditions nécessaires pour retenir nos jeunes chez nous ». De l'avis de M. Banze, « la composante 'développement' de la migration est un aspect important. Les citoyens émigrés apportent une contribution aux revenus de leurs pays d'accueil et à leur pays d'origine ». Selon lui, la discussion sur les coûts des transferts d'argent des migrants vers leur pays d'origine sera une question importante à traiter avec l'UE et dans les fora internationaux sur le financement du développement, car « il faut que les institutions comme Western Union garantissent que ces coûts puissent être limités ».
Le même jour, le président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat, qui venait de signer avec la Commission européenne un mémorandum d’accord sur la sécurité et la paix, a déclaré à la presse que le renforcement des relations entre l’UE et l’UA n’était pas incompatible avec le partenariat ACP/UE. « Nous voulons une relation de continent à continent, cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de solidarité avec les Caraïbes et le Pacifique », a-t-il dit. Et d’indiquer que la position commune de l'Afrique pour les négociations serait présentée à Lomé.
En marge de la session du Conseil des ministres ACP, aura lieu, le 26 mai, une consultation avec des organisations continentales et régionales, comme la Commission de l'UA, la CARICOM et le Forum des îles du Pacifique pour leur permettre de contribuer au cadre de négociation du groupe ACP. (Aminata Niang)