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Bulletin Quotidien Europe N° 12026
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ACTION EXTÉRIEURE / États-unis

La Commission tourne en dérision la menace de Donald Trump de taxer les importations de voitures

La Commission européenne s'est montrée confiante, jeudi 24 mai, quant à la possibilité de régler la brouille commerciale avec les États-Unis, préférant tourner en dérision la nouvelle menace du président américain, Donald Trump, de frapper de droits de douane les importations automobiles et leurs pièces détachées. 

Après avoir promis sur Twitter « de grandes nouvelles pour les fabuleux constructeurs automobiles (américains) », victimes, selon lui, de « décennies de pertes de (leurs) emplois au profit d'autres pays », M. Trump a demandé à son secrétaire au Commerce, Wilbur Ross, mercredi soir, d'ouvrir une enquête, au titre de la section 232 du Trade Expansion Act de 1962, sur les importations de véhicules, y compris les camions et les pièces détachées, pour déterminer leur impact sur la sécurité nationale américaine. 

« Ce matin, en consultant Twitter, il m'est venu à l'esprit cette célèbre série télévisée américaine Friends dont je venais de voir le dernier épisode », a commenté le vice-président de la Commission chargé du pôle économique, Jyrki Katainen, lors d'un point-presse jeudi. « Si les États-Unis augmentaient unilatéralement leurs tarifs sur les voitures, ce serait contraire aux règles de l'OMC. Il est très difficile d'imaginer une menace quelconque pour la sécurité nationale. Nous n'en savons pas plus que ce que nous avons appris au dernier épisode, il est donc très difficile d'évaluer ce qui se cache derrière tout cela », a commenté M. Katainen. 

« Rien ne justifie que les États-Unis imposent des droits de douane sur l'acier et l'aluminium pour des raisons de sécurité nationale. Invoquer la sécurité nationale serait encore plus farfelu dans le cas de l'industrie automobile », a insisté peu après le porte-parole de la Commission, Margaritis Schinas. 

Mardi à Washington, M. Ross a aussitôt lancé l'enquête réclamée par M. Trump, reposant sur la base de preuves d'une érosion de l'industrie automobile américaine due à une hausse des importations de voitures dont la part est passée de 32 % à 48 % du total des véhicules vendus aux États-Unis en 20 ans. 

D'après le Wall Street Journal, l'administration américaine envisagerait des taxes pouvant atteindre 25 % sur les importations de véhicules. 

M. Trump a plusieurs fois évoqué des taxes à l'importation pour protéger l'industrie automobile américaine, qui viseraient notamment l'Allemagne, dont il fustige l'excédent commercial à l'égard de son pays, et dénoncé des taxes de l'UE sur les voitures nettement supérieures à celles des États-Unis. 

Les droits de douane de l'UE sur les importations de voitures en provenance des pays tiers s'élèvent à 10 % tandis que ceux des États-Unis sur les voitures européennes atteignent 2,5 %. Les États-Unis imposent toutefois des droits atteignant 25 % sur les importations de camions et de pick-up tandis que les taxes européennes sur ces produits sont de 14 % en moyenne. 

M. Katainen confiant pour les discussions en cours. « Nous ne nous attendons pas à ce que cela complique davantage la situation », a assuré M. Katainen, alors que l'UE tente toujours d'obtenir une exemption permanente, au-delà du 1er juin, des taxes américaines de 25 % sur les importations d'acier et de 10 % sur celles d'aluminium. « Nous devons simplement trouver une solution équitable et adaptée aux principes de l'OMC. Nous pouvons trouver une solution, mais je ne sais pas encore à quelle vitesse nous pourrons l'atteindre », a-t-il ajouté. 

« Si les États-Unis octroient à l'UE une exemption permanente de leurs droits de douane plus élevés sur l'acier et l'aluminium, ce qui serait la seule décision juste et naturelle, nous sommes prêts à négocier sur l'amélioration de l'environnement commercial, incluant plusieurs points soutenus par le Conseil européen », a-t-il poursuivi, se référant au plan de l'UE en quatre points pour régler la brouille commerciale transatlantique, proposant d'améliorer l'accès réciproque au marché, notamment pour les produits industriels, y compris les voitures, ainsi que la libéralisation des marchés publics (EUROPE 12022). 

« Nous disons à nos amis américains que nous sommes toujours prêts à discuter de l'amélioration de l'environnement commercial, comme nous essayons de le faire depuis des années, mais maintenant les principales négociations commerciales ne sont plus à l'ordre du jour », a-t-il conclu, en référence aux négociations TTIP, gelées depuis l'élection de M. Trump, fin 2016. (Emmanuel Hagry)

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