Le Guide suprême de la République islamique, l'ayatollah Ali Khamenei, a mis la pression, mercredi 23 mai, sur les Européens, avec un véritable cahier de doléances pour que son pays reste dans l’accord nucléaire.
« Si les Européens hésitent à répondre à nos demandes, le droit de l'Iran à reprendre ses activités nucléaires arrêtées reste entier. Quand vous découvrez que le plan d’action n’a aucun avantage, une des options est de reprendre les activités annulées », a-t-il prévenu, soulignant de nouveau qu’il ne faisait pas confiance aux Européens.
L’ayatollah a demandé des garanties concernant le développement de l’économie iranienne. « Si les États-Unis réussissent à perturber les ventes de pétrole de l'Iran, les Européens doivent garantir l'achat de la quantité de pétrole que nous voudrions vendre », a-t-il souligné. Les banques européennes doivent garantir la possibilité de transactions commerciales avec l'Iran, a ajouté M. Khamenei.
Le Guide suprême s’est aussi opposé à toute discussion sur le programme balistique iranien ou son rôle dans la région. « Les dirigeants des trois pays européens (Allemagne, France et Royaume-Uni) doivent s'engager et promettre de n'évoquer en aucune manière les questions des missiles iraniens et de la présence de l'Iran dans la région [...] Tout le monde doit savoir que la République islamique d'Iran ne renoncera certainement pas aux éléments de sa puissance, notamment en ce qui concerne sa défense », a-t-il prévenu. Des discussions sont pourtant en cours sur le rôle de Téhéran au Yémen et une nouvelle réunion pourrait se tenir sur le sujet à Bruxelles en juin (EUROPE 12015).
Interrogée le 24 mai à l’occasion du European Business Forum, la Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, a estimé qu’il était possible de préserver l’accord, à condition que les Iraniens ne le quittent pas. « La grande question sera du côté iranien », a-t-elle expliqué. « Même s’il y a des défis dans le développement économique, nous sommes déterminés à y faire face d’une façon positive », a-t-elle ajouté. Mme Mogherini a mis en avant les mesures prises par l’UE, en particulier envers les PME qui ont ou voudraient investir en Iran, alors que les grandes entreprises craignent de tomber sous le coup de sanctions américaines. (Camille-Cerise Gessant)