Le commissaire à la Politique européenne de voisinage, Johannes Hahn, a salué, mercredi 23 mai, les progrès réalisés par l’Ukraine dans sa décentralisation (EUROPE 11379).
« Je suis vraiment impressionné par les progrès réalisés par le pays concernant la décentralisation », a-t-il souligné lors d’une conférence intitulée ‘Avancer ensemble - permettre aux réformes d'atteindre les citoyens ukrainiens’. « Pour un pays de la taille de l’Ukraine, il n’y a pas d’alternative à la décentralisation. Il était plus que grand temps d’introduire cet élément important », a-t-il expliqué. Selon lui, cette décentralisation devra s’accompagner d’un transfert de fonds adéquat.
Poursuivre les réformes
M. Hahn a rappelé que d’autres réformes étaient nécessaires. De nombreux facteurs affectent le processus de réforme, notamment la situation à l’Est de l’Ukraine et en Crimée, mais « cela ne devrait pas être un obstacle au changement », a-t-il souligné, selon un communiqué du gouvernement ukrainien sur l'entrevue entre le commissaire et le Premier ministre, Volodymyr Groysman.
« Nous sommes convenus que la privatisation, la lutte contre la corruption et l’état de droit, ainsi que la création d'un climat des affaires dynamique et l'augmentation des investissements directs étrangers, sont urgents », a-t-il par ailleurs expliqué, à l’issue de rencontres avec des représentants des entreprises ukrainiennes, selon des médias locaux.
L'établissement d'un tribunal anticorruption a aussi été discuté entre M. Hahn et M. Groysman, qui sera à Bruxelles ce vendredi 25 mai pour des consultations politiques. « L'examen du projet de loi (au Parlement national) est une bonne nouvelle », a souligné Johannes Hahn.
Dans un communiqué, des eurodéputés du groupe PPE, les Allemands Elmar Brok et Michael Gahler et le Polonais Dariusz Rosati, ont encouragé le Parlement national, la Verkhovna Rada, à adopter le projet de loi instaurant ce tribunal. Devront aussi être levées les « obligations de déclaration électronique visant les militants anticorruption des ONG » et « une commission électorale centrale politiquement équilibrée » devra voir le jour en vue des élections de 2019.
Harmoniser la loi sur la sécurité nationale avec les normes de l'UE
Le chef de la mission consultative de l'UE, Kęstutis Lančinskas, a demandé aux parlementaires d'user de leurs pouvoirs pour faire en sorte que le projet de loi sur la sécurité nationale - en cours d'examen pour une adoption espérée avant l'été - soit harmonisé avec les normes de l'UE et de l'OTAN, selon un communiqué du 24 mai.
M. Lančinskas recommande notamment la création d'un comité parlementaire distinct chargé de superviser les services de sécurité et de renseignement. (Camille-Cerise Gessant)