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Bulletin Quotidien Europe N° 12024
POLITIQUES SECTORIELLES / Justice

Affaire 'Cambridge Analytica', Mark Zuckerberg prié de rendre une épreuve écrite

L’heure des explications a de nouveau sonné, mais cette fois-ci de l’autre côté de l’Atlantique, pour le patron de Facebook, auditionné au Parlement européen à Bruxelles mardi 22 mai, pour clarifier l’utilisation des données personnelles par le réseau social à la lumière du scandale Cambridge Analytica. 

Mais, faute d'avoir répondu de manière précise aux nombreuses questions posées au cours de cette audition finalement retransmise en direct (EUROPE 12022), M. Zuckerberg a été sommé de se rattraper par un suivi écrit. 

Concrètement, son témoignage n'apporte pas de grande nouveauté. C’est sans surprise que Mark Zuckerberg a commencé son discours avec des excuses et son fameux : « Nous n’avons pas eu une vision suffisamment large de notre responsabilité. C’était mon erreur et j'en suis désolé », tout droit répliqué de son témoignage devant le Congrès américain mi-avril (EUROPE 11999). 

Comme défense, M. Zuckerberg a mis en avant la « mission sociale » de la plate-forme numérique. « Je veux rectifier le tir », a-t-il confié, revenant sur toutes les mesures prises au lendemain de l'éclosion du scandale. 

Pendant plus d’une heure, les présidents des groupes politiques l’ont interrogé sur le devenir des données des utilisateurs une fois leurs comptes effacés, la possibilité pour le réseau social de collecter les données des non-utilisateurs, le contenu inadapté publié sur la plate-forme, le croisement de données entre Facebook et WhatsApp, l’augmentation des faux comptes, les impôts payés par Facebook ou encore la situation de monopole du réseau social. 

« Est-ce que Cambridge Analytica est un cas isolé ou est-ce seulement la pointe de l’iceberg ? Pouvez-vous garantir aux Européens qu’il n’y aura pas de nouveaux scandales dans 3 mois, 6 mois, 9 mois ? », lui a demandé l'Allemand Manfred Weber, le président du groupe PPE. 

Pour le PDG de Facebook, les modifications apportées depuis 2014 « empêcheraient une redite ». Un développeur d’application ne pourrait plus avoir accès à un tel niveau de données, a-t-il assuré. Et de reconnaître néanmoins que l'analyse des applications opérant via Facebook pourrait prendre plusieurs mois. 

GDPR. Les leaders des groupes politiques ont surtout profité de cette occasion pour obtenir du réseau social un engagement ferme sur le respect du règlement général sur la protection des données (GDPR), qui entrera en application vendredi 25 mai. 

« Nous pensons que nous serons [prêts] le 25 mai, dans 3 jours. Une équipe conséquente y travaille », a assuré M. Zuckerberg. 

Parmi les nombreuses questions restées sans réponse figure celle du président du groupe ADLE, le Belge Guy Verhofstadt, sur une éventuelle compensation financière pour les utilisateurs européens victimes d'une violation de leurs données personnelles. 

Face au mécontentement, M. Zuckerberg s’est engagé à effectuer un suivi personnel afin de répondre à toutes les questions qui lui ont été posées. Une autre séance de rattrapage sera aussi organisée dans quelques semaines par la commission des libertés civiles du PE en présence d’experts juridiques de Facebook afin d'aborder la question « de façon plus technique et étoffée », a annoncé le président de l'institution européenne, Antonio Tajani. 

Les premières réactions à chaud sont mitigées. Si pour M. Tajani, l'audition a été « un net succès », les députés semblent moins convaincus. Dans un communiqué, le groupe S&D a estimé que M. Zuckerberg avait échoué à convaincre qu’il n’y aurait pas d’ingérence étrangère dans les élections européennes de 2019. 

Plus optimiste, la commissaire européenne à la Justice, Věra Jourová, a vu dans les changements opérés « les signes que Facebook assumera une plus grande responsabilité pour l'énorme quantité de données personnelles que ses utilisateurs lui confient ». (Marion Fontana)

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