La Commission européenne pose une nouvelle pierre dans la construction d'un « Espace européen de l'éducation » d'ici 2025. Elle a présenté, en marge du Conseil 'Éducation', mardi 22 mai, un nouveau train de mesures favorisant la mobilité des jeunes en situation d’apprentissage, la fréquentation de l’enseignement préscolaire ainsi que l’apprentissage des langues étrangères et de la culture.
Ce paquet ressemble peu ou prou à ce qu'EUROPE avait annoncé il y a plus de deux mois (EUROPE 11981). Il s'articule autour d'une stratégie pour la jeunesse, un nouvel agenda pour la culture et trois recommandations non contraignantes (sur la petite enfance, la reconnaissance des diplômes et l'apprentissage des langues), le tout résumé dans une communication générale.
La principale différence porte sur la petite enfance : la Commission ne propose finalement pas de réduire l'âge des enfants fréquentant l'enseignement préscolaire.
Le paquet fait suite au sommet social de Göteborg de 2017 et aux conclusions du Conseil européen de décembre (EUROPE 11907, 11927). Il complète une première série d'initiatives relatives aux compétences clés dans le domaine de l'éducation et de la formation tout au long de la vie, aux compétences numériques, ou destinées à favoriser les valeurs communes et l'éducation inclusive (EUROPE 11941).
Une vision politique
La communication chapeautant le paquet de mesures expose la vision générale de la Commission. Elle met également en lumière les progrès réalisés en ce qui concerne le réseau d'« universités européennes », cher au président français, Emmanuel Macron. Elle annonce à cet effet des projets pilotes en 2019 et 2020 dans le cadre du programme Erasmus+ avant la mise en œuvre complète de l'initiative en 2021.
La stratégie européenne pour la jeunesse porte sur la période 2019-2027 et vise à donner davantage la voix aux jeunes en Europe. Elle suggère notamment de permettre des formes alternatives de participation, telles que des campagnes en ligne ou des consultations via des plates-formes numériques.
L'agenda pour la culture, salué par le Forum européen de la jeunesse, se donne pour objectif de sensibiliser le public au patrimoine européen. Il suggère notamment des actions visant à : - favoriser la mobilité des artistes ; - mieux soutenir les secteurs culturels et créatifs en renforçant les liens avec la politique industrielle, et ; - renforcer la coopération avec les pays tiers, par exemple les Balkans occidentaux. L'agenda annonce également la publication, d'ici la fin de l'année, d'un plan d'action pour l'héritage culturel.
Recommandations et enseignement préscolaire
La recommandation sur la reconnaissance mutuelle automatique des diplômes et des périodes d'apprentissage à l'étranger vise à faciliter la mobilité d'apprentissage en Europe. Elle définit les conditions qui doivent être remplies pour que la reconnaissance automatique devienne une réalité, ainsi que les outils existants de l'UE tels que le système européen de transfert et d'accumulation de crédits et le cadre européen des certifications.
La recommandation sur les langues étrangères vise à concrétiser un objectif arrêté en 2002 pour que les jeunes parlent au moins deux langues étrangères. Le document soutient la mobilité des professeurs, les pédagogies innovantes ou encore introduit le concept de « conscience linguistique » ('language awareness').
La recommandation pour des systèmes d'éducation et de soins de la petite enfance de qualité développe principalement le concept de « service de qualité ». Contrairement à ce qui figurait dans sa contribution au sommet de Göteborg, la Commission ne propose pas (encore) de revoir l'objectif chiffré du cadre stratégique ‘Éducation et formation 2020’ ('ET2020'), à savoir qu’au moins 95 % des enfants ayant entre quatre ans et l'âge de la scolarité obligatoire participent à l'enseignement préscolaire d’ici 2020.
« La recommandation ne propose pas d'âge obligatoire [la contribution au sommet de Göteborg parlait d'une limite de 3 ans, au lieu de 4, NDLR]. Il laisse cette question entièrement aux États membres et aux parents, qui devraient recevoir une offre intéressante », a expliqué un porte-parole de la Commission.
Cette proposition pourrait toutefois venir lors de la révision du cadre stratégique ET2020. (Sophie Petitjean)