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Bulletin Quotidien Europe N° 12005
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / MÉdias

Le PE exige une meilleure protection des journalistes d’investigation dans l'UE

Dans une résolution non législative adoptée jeudi 19 avril en session plénière, le Parlement européen a appelé à une réaction forte de l’Union européenne, après deux assassinats de journalistes d’investigation en 6 mois. 

Le 16 octobre 2017, la blogueuse Daphne Caruana Galizia avait été assassinée alors qu’elle enquêtait sur la corruption à Malte. Entre le 22 et le 25 février 2018, le journaliste Ján Kuciak et sa compagne Martina Kušnírová avaient trouvé la mort en Slovaquie, alors que M. Kuciak enquêtait sur l’extorsion de subventions agricoles européennes dont se serait rendue coupable la mafia calabraise avec l’implication possible de responsables slovaques. 

« Les meurtres de Daphne Caruana Galizia et Ján Kuciak sont des atteintes portées à nos valeurs fondamentales et notamment au principe d’État de droit », a réagi le président du PE, Antonio Tajani. 

« Affligé » par ces deux crimes, le PE a appelé la Commission à prendre plusieurs mesures. La Commission est invitée à reprendre la publication de ses rapports annuels anticorruption, arrêtée en 2017. Autres demandes : - « mettre sur pied un dispositif permanent de soutien financier doté d’un budget spécial » visant à soutenir les journalistes d’investigation indépendants, et ; - mieux contrôler la distribution des subventions agricoles en Slovaquie. 

Le Parlement a aussi appelé de ses vœux une directive « efficace, complète et transversale sur la protection des lanceurs d’alerte », alors que la Commission présentera la semaine prochaine un projet en ce sens, sur demande préalable du Parlement (EUROPE 12004). 

Pression mise sur le gouvernement slovaque

Le 2 mars, une marche citoyenne contre la corruption en réaction au meurtre de M. Kuciak, qualifiée par les eurodéputés de « plus grande vague de protestations et de manifestations pacifiques organisées depuis la Révolution de velours de 1989 », a causé la démission du Premier ministre slovaque, Robert Fico. 

Dans sa résolution, le PE a jugé « inquiétantes les allégations de corruption, de détournement de fonds de l’Union, d’abus de pouvoir et de conflits d’intérêts en Slovaquie », notant que la Slovaquie occupait la 117e place sur 137 pays recensés par le classement sur la corruption du Forum économique mondial (2017). 

Les parlementaires ont multiplié les marques de défiance à l'intention du gouvernement slovaque, appelant à « la mise en place d’un groupe d’enquête commun co-dirigé par Europol et lui assurant l’accès complet au dossier »

Deux amendements proposés par le Hongrois Benedek Jávor au nom du groupe Verts/ALE et adoptés à une courte majorité. Ils mettent en exergue « la méfiance des Slovaques envers les institutions de leur pays et les agents publics, notamment la police »

La résolution demande enfin la poursuite des enquêtes de M. Kuciak par les autorités nationales et européennes compétentes. 

À Malte, les travaux de la blogueuse Daphne Caruana Galizia ont été poursuivis par un consortium de journalistes qui a fait de nouvelles révélations de corruption liées à l'octroi de ‘golden visas’ par Malte à des ressortissants de pays tiers (EUROPE 11974). 

Le groupe Verts/ALE au PE a estimé que les deux dirigeants maltais - Konrad Mizzi et Keith Schembri - mis en cause par le consortium devaient être écartés du gouvernement. « Ces révélations étayent les suspicions de blanchiment à Malte et la Commission doit lancer une enquête sur ce point », ont estimé les écologistes. (Mathieu Solal, stage)

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